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Zoom Jeunes diplômés

Changement dans l’air pour les jeunes diplômés

Près de 60% des étudiants craignent une future recherche d’emploi « difficile » , selon une étude de la CCIP. Cette inquiétude des jeunes diplômés français est-elle fondée ?

Avec un taux de chômage de près de 22% en 2006, les français de moins de 25 ans sont parmi les moins bien lotis d’Europe, seules l’Espagne, l’Italie et la Grèce sont plus mauvaises élèves… Les jeunes français sont également plus touchés par le chômage que leurs aînés, avec un taux deux fois plus élevé que celui des 25-49 ans. Ainsi, malgré les dizaines de dispositifs mis en place au cours de la dernière décennie, décrocher le fameux premier emploi reste toujours problématique dans l’hexagone.

Pour autant, l’heure est à l’optimisme. Entre 2005 et 2006, le chômage des jeunes diplômés de niveau bac+2 a baissé de près de 19% ! Un rapport de la Dares prévoit même une situation de quasi plein emploi pour les sortants du supérieur à l’horizon 2015…

Si beaucoup d’entreprises rechignent toujours à faire confiance aux jeunes novices, certains secteurs font figure de précurseurs. L’informatique en est le plus bel exemple. Ciblant surtout les bac+4/5, ce secteur est le premier recruteur de débutants en France. Il déborde d’inventivité pour séduire les jeunes informaticiens jusque sur leur campus. Le secteur bancaire n’est pas en reste, le taux d’embauche de débutants y est d’environ 10%, contre 5% tous métiers confondus. Enfin, les jeunes commerciaux, comptables, financiers et professionnels de la santé n’ont aucun souci à se faire : la pénurie de main-d’œuvre guette ces secteurs depuis déjà plusieurs années.

Le diplôme : un rempart contre le chômage ?

Un jeune bardé de diplômes a-t-il plus de chance de trouver un travail ? La réponse est loin d’être évidente : certes les jeunes diplômés sont moins touchés par le chômage que ceux sans qualification mais les recruteurs sont loin d’être en quête de bêtes à concours…

Un jeune non diplômé fait face à un taux de chômage de 41% ! Ce chiffre décroît rapidement lorsqu’on grimpe les échelons des qualifications : de 25% pour les titulaires de CAP ou BEP, il tombe à 19% pour les bacheliers et à 14% pour les Bac+2. Le taux de chômage serait donc bien corrélé au niveau de diplôme. Mais la tendance ne se vérifie plus au-delà du bac+2 : 16% des bac+3 et plus ne trouvent pas d’emploi, un chiffre de 2 points supérieur à celui des bac+2 (Insee 2005).

Ainsi, tout dépend du type de filière choisie : 90% des étudiants en filières courtes professionnalisantes de type IUT-BTS sont confiants quant à leur avenir professionnel, contre 80% en fac de droit ou d’économie, 77% en fac de sciences et moins de 60% en fac de lettres et sciences humaines (Observatoire national de la vie étudiante 2003).

Le rapport 2006 du Cercle Vinci dénonce un décalage entre les formations et les besoins des entreprises. Il souligne que la course au diplôme devrait être moins payante dans les années à venir : « la bonne stratégie ne consiste plus forcément à viser une formation à bac+5 voire bac+8 mais peut-être un diplôme à bac+2 ou +3 apportant une compétence reconnue sur le marché du travail. »

Génération Y : les jeunes diplômés en entreprise

Appelés « génération Y », les enfants des baby-boomers font leur entrée dans le monde du travail avec la ferme ambition de changer les choses. Indépendants, ouverts à la diversité et curieux, les jeunes diplômés ne sont pas prêts à sacrifier leur vie personnelle pour leur carrière. Avides de découvertes, ils sont férus de voyages et de changement. Les Y acceptent mal la hiérarchie et la patience ne fait pas partie de leur référentiel. Ils veulent, sur-le-champ, de bonnes conditions de travail  : horaires flexibles, formations professionnelles, congés parentaux, télétravail, autonomie,… et sont prêts à claquer la porte pour s’envoler vers de nouveaux horizons si l’envie les en prend.

Un sondage de l’OFEM et de la CCIP précise les critères privilégiés par ces nouveaux acteurs du travail pour le choix d’un poste : les possibilités d’évolution arrivent en tête, suivies de près par le salaire, le contenu du poste et les conditions de travail.

Ces enfants de l’informatique ont de sérieux atouts sur leurs aînés : maîtrise instinctive de la technologie, dons innés pour le travail en équipe, aisance en communication. Ils devront cependant s’adapter aux structures des entreprises pour faire leur place parmi leurs prédécesseurs. A moins que ce soit l’inverse : la pyramide des âges aidant, la nouvelle génération sera de plus en plus courtisée pour combler les postes laissés vacants par le départ de leurs parents. Les jeunes diplômés ont le vent en poupe !

Article publié sur Keljob.fr