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Xavier Boissier, le petit prêcheur du commerce bio
Depuis deux ans qu’il gère l’épicerie Bio-Physalis à Senlis, Xavier Boissier ne cesse de vanter les vertus de ses produits biologiques. Selon lui, « consommer nature » permet de vivre mieux. Dans un marché où la demande est de plus en plus forte, il lutte pour faire face à la concurrence.
À cause de son arthrose, Xavier Boissier entre pour la première fois dans un magasin bio en 2002 à la recherche de lait d’amandes. « En général, on arrive au bio quand on a des problèmes de santé, affirme-t-il. La médecine traditionnelle me soulageait peu et j’avais besoin de nourriture saine ». Trois ans après cette découverte, cet ancien photographe rachète une boutique à Senlis. Derrière le comptoir de Bio-Physalis, il prône les mérites des produits naturels.
Patates vivantes
Des tomates au maquillage, tout ce que Xavier vend est certifié bio. Ses marchandises sont en moyenne 20 % plus chères que celles du commerce non bio, mais leur mode de production exclut les engrais chimiques, les pesticides de synthèse et toutes les substances potentiellement toxiques. Un système plus respectueux pour l’environnement, les animaux et finalement pour l’homme, consommateur de ces marchandises. « Quand on commence à mettre le nez dans ce qu’on mange, on découvre tout un tas de choses, du nitrate par exemple, et ça ne donne pas envie de continuer à s’alimenter de la sorte, » explique Xavier.
Vous l’aurez compris, chez Bio-Physalis, les abricots secs n’ont pas la teinte orange des colorants : ils sont marron. Les patates germent au bout d’une semaine, pas au bout d’un mois. « C’est la preuve qu’elles sont encore vivantes », plaisante le patron. Chez lui, tout est NA-TU-REL ! Les petits gâteaux, les pâtes, le café, la moutarde et même le champagne proviennent de fournisseurs suivis et contrôlés par des organismes spécialisés. Mais le commerce de Xavier ne se limite pas à l’alimentation. Ce qui marche très fort sur le créneau du bio, ce sont les produits diététiques et cosmétiques. Ils génèrent déjà la moitié des revenus du magasin. Des gélules de phytothérapie qui exploitent le principe actif des plantes jusqu’aux déodorants « garantis sans oxyde d’aluminium », l’idée reste la même : consommer plus sain.
David contre Goliath
Selon l’INRA, la demande de produits issus de l’agriculture biologique augmente de 20 % par an depuis le début des années 1990. Un Français sur deux déclare consommer ces produits au moins occasionnellement. Sur ce marché considérable, la concurrence que se livrent les distributeurs est féroce. Le bio se retrouve en tête de gondole des supermarchés. Autour de Senlis, quatre enseignes spécialisées se sont installées ces dernières années. Des surfaces jusqu’à dix fois plus grande que la boutique de Xavier. Elles proposent davantage de produits et emploient plus de personnel. « Je recherche un local plus grand et moins excentré, explique-t-il. La rue n’est pas passante et c’est difficile de se garer. Les locaux ne correspondent plus à mon activité. »
Le problème de Xavier, c’est d’être David et de se battre contre Goliath. Son chiffre d’affaires stagne sur un marché en hausse. Du fait de son emplacement, Bio-Physalis a du mal à jouer la carte « épicier de ville ». Pourtant, Xavier se donne du mal. Pour s’assurer que les couches qu’il vend sont bien biodégradables, il en a disposé dans son jardin. Après quelques mois, celles-ci sont déjà pleines de mousse. « Je n’aime pas vendre des trucs qui ne fonctionnent pas ! » dit-il très consciencieusement.
Légende photo : Best seller de Xavier Boissier : un cocktail d’herbes et de sels minéraux destinés à lutter contre l’acidité de l’organisme.
Le meuble sur-mesure a permis à un ébéniste de se démarquer