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Vivre des forêts… tout en les respectant

Martial Barbier est débardeur à Heilles dans l’Oise. Malgré la concurrence internationale et les difficultés du secteur, il ne changerait d’activité pour rien au monde.

Le débardage consiste à extraire des arbres déjà coupés de leur parcelle d’origine. Ils sont ensuite convoyés et déposés sur une aire de stockage prévue à cet effet. C’est le métier qu’exerce Martial Barbier. Aidé d’un salarié, il exploite, dans toute la Picardie et le nord de l’Île-de-France, des parcelles que lui confient l’ONF (Office National des Forêts) et de grands propriétaires. Les chênes et les peupliers sont les essences de bois que Martial convoie le plus. Pour cela, il dispose de deux tracteurs canadiens de taille imposante.

Ce que préfère ce débardeur d’origine paysanne, « c’est le rapport à la nature ». Pas étonnant pour quelqu’un qui fut chauffeur de poids lourds pendant dix ans et qui a donc troqué l’habitacle d’un camion contre de vastes étendues forestières. Qu’il soit dans la forêt de Villers-Cotterêts ou dans celle de Compiègne, « ce n’est jamais la même forêt, le relief change, les arbres aussi ».

Mais la demande en papier diminue, et ce ne sont pas les récents développements sur le marché régional qui le rassureront. « Nous venons de perdre les mille cinq cents tonnes commandées par l’usine de papeterie de Vénizel, c’était une source d’activité considérable. » Pourtant, l’activité de Martial reste stable. Cela ne l’empêche pas de craindre pour le futur de l’ensemble du secteur sylvicole. « La filière du bois est en mauvais état. On ne vend presque plus de hêtre. Désormais, il est simplement importé des pays de l’Est. » Il y a bien de nouveaux débouchés comme les plaquettes de bois de chauffage. Mais ce secteur n’est pas encore assez développé. « Les particuliers rechignent encore à utiliser ce matériau de chauffage » remarque-t-il.

Martial Barbier tire, qui plus est, un terrible constat. « On manque de bois dans les forêts car on les surexploite. Il y a quinze ans, on attendait dix ans avant de retourner exploiter une parcelle. Maintenant, on n’attend plus que trois ans. Le résultat, je le vois tous les jours. »

Mehdi Oucherfi

Légende : Une fois le bois débardé, il est revendu aux scieries de la région.