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Vingt ans et déjà PDG

Maël Barthélemy a créé, en octobre 2006, Darkskyne, une société de jeux vidéo, à Saint-Quentin. Signe particulier : ce chef d’entreprise n’a pas encore vingt ans !

Comment est née Darkskyne ? Pendant mon adolescence je travaillais le soir sur des projets amateurs pour me divertir. Puis, à quinze ans, j’ai décidé avec une bande d’amis de créer mon propre jeu. A l’époque je n’avais pas du tout à l’esprit de faire ça en tant que professionnel. Il s’agissait juste d’un loisir. En parallèle j’ai passé mon bac et je suis entré en IUT informatique. Mais peu à peu le projet a pris plus d’ampleur. On avait de plus en plus de réactions positives. Ce qui fait que j’ai arrêté très vite l’IUT pour monter ma société. J’ai d’abord fait un DUT en création et reprise d’entreprise à Reims durant six mois. En parallèle j’ai développé certains partenariats. En octobre 2006, j’ai créé Darkskyne avec quatre autres personnes qui étaient là depuis le début du projet. Pendant un an, j’ai cherché des investisseurs. J’en ai trouvé un certain nombre, et parmi eux la région de l’Aisne qui nous a proposé de nous installer à l’espace Créatis de Saint-Quentin, où nous avons emménagé en septembre 2007. Depuis, l’équipe s’est agrandie. Nous sommes désormais une dizaine et nous recrutons encore du personnel.

Pouvez-vous nous en dire plus sur le jeu que vous développez ? Il s’agit d’un jeu d’action qui s’appelle DK project : The last city of heaven. L’action se passe dans un univers futuriste, en 2050 et l’héroïne est une jeune femme qui cherche à venger la mort de son père.

Hormis le développement de votre jeu vidéo, vous faites aussi de l’intégration de publicités dans les jeux vidéo. Qu’est-ce que cela signifie ? Cette activité se fait en partenariat avec des agences de publicité. Tout le monde a déjà aperçu les banderoles de publicité apparaissant sur le côté dans les jeux de football par exemple ou les jeux de course. Je me suis dit que ce serait intéressant de créer un logiciel qui actualiserait les publicités. Par exemple, le joueur aura la possibilité de voir les bandes annonces de film qui viennent de sortir. Les publicités se réactualiseront régulièrement. Ainsi, si le héros porte des chaussures de la marque X, lorsqu’un nouveau modèle sortira, le héros en sera immédiatement doté, même un an après l’achat du jeu.

Quelles difficultés rencontrez-vous ? Le plus difficile a été le passage du travail à domicile au travail en entreprise. Il a fallu prendre le rythme. Mais même si on rencontre certaines difficultés inhérentes à la création d’un jeu vidéo, je pense que quand on est motivé, on trouve toujours une solution !

Quels sont vos clients ? Le stéréotype du joueur de jeu vidéo boutonneux et masculin est fini. Maintenant la clientèle s’est élargie et s’est énormément féminisée. La moyenne d’âge est désormais de vingt-huit ans. De plus, nous avons une distribution mondiale (Europe, Russie, Australie, Etats-Unis, Canada). Mais nous ne nous sommes pas tournés vers le Japon car ils ont une culture qui est totalement autre. Pour toucher ce marché il faudrait faire un jeu qui ait plus un style de manga.

Comptez-vous un jour ouvrir des filiales ? Pour l’instant, ce n’est pas à l’ordre du jour. Mais peut-être que dans le futur on ouvrira un second et un troisième site à l’étranger. Qui plus est, si l’activité concernant la publicité se développe bien, il serait mieux de se rapprocher des clients.

Légende : Maël Barthélemy, un jeune chef d’entreprise qui a su allier travail et plaisir.