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Troisièmes cycles en formation continue : l’après LMD

La réforme LMD a bouleversé les formations diplômantes. Vous pouvez ainsi dire adieu à l’appellation « troisième cycle » qui a fait son temps. Pour autant, les diplômes à bac +5/6 proposés en formation continue ne manquent pas, petit tour d’horizon de la relève des troisièmes cycles professionnels.

LMD et troisièmes cycles

Avant la fameuse réforme LMD, le premier cycle allait jusqu’à bac +2 (DEUG, classe prépa), le deuxième cycle jusqu’au bac +4 (maîtrise) et le troisième cycle faisait référence à tout ce qui venait après. Aujourd’hui, la refonte du système a instauré trois nouveaux grades universitaires : Licence (bac +3), Master (bac +5) et Doctorat (bac +8). Pour autant, plusieurs troisièmes cycles ont subsisté hors du schéma LMD. C’est notamment le cas des Mastères Spécialisés et des MBA. Délivré uniquement par les grandes écoles, le Mastère Spécialisé est une année de spécialisation professionnelle répondant à des besoins concrets des entreprises. Plus généraliste, le MBA est, quant à lui, une formation d’excellence en management et gestion, imprégnée d’une forte culture internationale.

Que ce soit pour une réorientation, une spécialisation ou pour valider ses compétences, les troisièmes cycles en formation continue séduisent toujours autant les professionnels. Un chimiste attiré par l’informatique pourra opter pour un Master à mi-temps, un ingénieur souhaitant développer ses aptitudes managériales suivre un MBA part-time et un juriste visant le perfectionnement se décider pour un Mastère Spécialisé en Droit des affaires internationales. « Les professionnels qui optent pour un MBA, un Master ou un Mastère Spécialisé en formation continue sont souvent mélangés avec les étudiants, souligne Pierre Aliphat, Directeur du pôle écoles du Groupe ESEIA et président de la Commission Formation de la Conférence des Grandes Ecoles. C’est une vraie richesse de croiser les deux mondes, les étudiants profitent de l’expérience des professionnels qui s’enrichissent du regard neuf des plus jeunes ».

Filière universitaire : les Masters en formation continue

Les troisièmes cycles universitaires ont vécu une cure minceur puisque le Master est devenu le diplôme de référence à bac +5. Généralement suivis par les étudiants à la suite d’une Licence, les Masters peuvent aussi accueillir des professionnels en formation continue. Ils offrent alors une organisation compatible avec une vie professionnelle : modules capitalisables, temps partiel, cours du soir ou encore formations à distance.

Pour connaître les Masters proposés aux professionnels, visitez le site www.fcu.fr et son moteur de recherche de la formation continue universitaire. N’hésitez pas à faire appel aux universités pour profiter d’une aide individuelle auprès du Service commun d’Information et d’Orientation. Quant aux modalités d’inscription, elles sont propres à chaque université, le service formation continue de l’établissement pourra vous renseigner.

Si vous êtes titulaire d’un diplôme équivalent à une Licence ou un Master 1, l’admission ne devrait pas poser de problème. Le cas échéant, vous pouvez passer une Validation des Acquis de l’Expérience pour obtenir ce niveau via la reconnaissance de votre expérience, adressez-vous aux services VAE de l’université visée.

Mastères Spécialisés : le fief des grandes écoles

Créé par la conférence des grandes écoles, le Mastère Spécialisé (M.S.) se veut une année de spécialisation « post-diplôme ». Proposée uniquement par les grandes écoles, cette formation peut se suivre en formation initiale ou continue, dans ce cas les professionnels doivent attester d’un bac +4 minimum et de trois années d’expérience (des dérogations sont envisageables au cas par cas). Cette formation se concentre sur une fonction ou un secteur précis pour lesquels les entreprises affichent un réel besoin : Analyse financière internationale, Bio-ingénierie, Création et Production Multimédia, Eau potable et assainissement... La plupart des intervenants sont d’ailleurs des professionnels actifs dans leur secteur.

Enseignements théoriques, travail personnel de recherche en entreprise et soutenance d’une thèse professionnelle composent ces deux semestres qui peuvent parfois être suivis en temps partiel. Beaucoup moins coûteux que les MBA, il faut tout de même compter autour de 13 000 ¤. Plus de 400 Mastères Spécialisés sont actuellement proposés par 122 écoles, visitez le site www.cge.asso.fr pour en consulter la liste. Attention, tous les Mastères Spécialisés ne sont pas homologués niveau 1, ainsi certains sont sanctionnés par un diplôme quand d’autres délivrent un certificat.

MBA, sésame des managers

Diplômes en formation continue par excellence, les fameux Master of Business Administration sont proposés à la fois par des écoles et des universités. Candidats types : le cadre soucieux d’accélérer sa carrière et l’ingénieur se destinant au management. Dédiés aux profils expérimentés et diplômés au minimum d’un bac +3, les MBA se caractérisent par leur reconnaissance internationale et leur enseignement axé sur le management et la gestion : les MBA doivent obligatoirement consacrer 60 % de leurs cours aux fondamentaux du management d’entreprise.

Gros atout pour les professionnels, la plupart des MBA sont proposés à temps partiel, avec des cours le soir et le week-end, il faut alors compter entre un an et demi et deux ans pour obtenir le diplôme. Pour aller plus vite, vous pouvez opter pour le temps plein mais il faudra quitter votre activité professionnelle pour 10 à 16 mois.

La crème des troisièmes cycles tient à entretenir son prestige par une rude sélection (dossier, entretien, voire vérification des références), un programme d’enseignement très exigeant et des professeurs venant des quatre coins de la planète. Mais l’excellence a un prix : 30 à 40 000 ¤ en moyenne. Pour autant, le jeu en vaudrait la chandelle selon Aude Vives, Program Manager pour l’Aerospace MBA de l’ESC Toulouse : « si votre objectif est de grimper dans la hiérarchie et que vous êtes admissible dans un MBA, n’hésitez pas ! C’est un enrichissement unique pour votre carrière ». Attention cependant, si le nom MBA est reconnu internationalement, l’appellation n’est pas protégée. Mieux vaut donc choisir son école avec précaution, les labels AMBA, AACSB et Equis peuvent servir de référence.

Article mis en ligne sur Kelformation.fr par Laure Marcus