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Sylvain Kalwak, le maçon en quête de main d’½uvre

A Ivry-le-Temple, Sylvain Kalwak travaille à son compte en tant que maçon depuis huit ans. Brique après brique, il donne vie aux envies de changement de ses clients. Sylvain Kalwak est un vrai bâtisseur mais, faute de personnel qualifié, il se voit contraint de refuser des commandes.

A 35 ans, Sylvain Kalwak a déjà vingt années de métier derrière lui. Son entreprise repose sur ses mains, et son nom est sa vraie marque de fabrique. Maçon polyvalent, il effectue tout type de travaux, de l’appartement de ville à la maison de campagne, des fondations au carrelage, du plancher aux tuiles. « A 12 ans, je savais déjà que je voulais faire un métier manuel, explique-t-il. Ce métier, c’est un choix ! Je suis doué de mes mains et je n’aurais jamais pu rester enfermé dans un bureau. Peu de maçons peuvent en dire autant. Beaucoup font ça par défaut, par manque de diplômes. »

Cette vocation de construire, il va tout faire pour la mettre en ½uvre. Après un parcours classique – CAP, stages, service militaire –, le jeune professionnel va s’aguerrir au sein d’une dizaine d’entreprises. Il finit par se mettre à son compte en 1999. « J’aime la polyvalence que ça demande. Je ne me verrais pas monter des murs tout le temps. Je dois gérer les commandes ainsi que tout l’aspect administratif de l’activité », précise-t-il. Et ce côté généraliste, presque « touche à tout », c’est ce qui lui plaît le plus.

6 jours de travail, 14 mois d’arrêt

En ces temps de pénurie d’artisans, le carnet de commandes de Sylvain ne désemplit pas. L’homme affirme avoir des contrats signés jusqu’en octobre. L’intégralité de sa clientèle est constituée de particuliers. Dans les prochaines semaines, il aura rénové une vieille maison ainsi que trois appartements au complet. Sans prétention, il se dit « capable de tout fabriquer ». Le problème, c’est qu’il manque cruellement de main d’½uvre. Il vient de refuser les travaux de carrelage d’un pavillon entier faute d’employés qualifiés et motivés.

« C’est très difficile de trouver des gens qui savent travailler et qui ont une conscience professionnelle, regrette-t-il. J’ai eu des jeunes, mais ils viennent quand ça les arrange. Un man½uvre a travaillé 6 jours, s’est cogné le genou, et il est parti 14 mois en arrêt de travail ! J’ai une bonne clientèle, ce n’est pas pour prendre des bons à rien », finit-il par confier amèrement. Pourtant, des contrats à durée indéterminée, Sylvain est prêt à en proposer. Sa perle rare, il lui garantit 1500 euros par mois et un véhicule de fonction. Pour l’instant, il doit se contenter d’un unique employé fraîchement embauché début mai. Difficile à deux de bâtir des maisons entières. Alors, malgré lui, Sylvain s’adapte et privilégie les travaux de moindre envergure. Rageant…

L’objectif pour les prochaines années, c’est donc avant tout de recruter. Idéalement, il aimerait disposer de trois à quatre équipes de maçons expérimentés pour enfin pouvoir faire tourner sa machine à plein régime… histoire de déléguer un peu les tâches quotidiennes du chantier et de passer plus de temps à gérer son entreprise, ses commandes, ses papiers et ses livraisons. Histoire aussi de souffler un peu… « Je veux donner plus de temps à ma vie privée », murmure-t-il, avant de confier qu’il vient de rencontrer une nouvelle femme. De toutes autres fondations à bâtir...