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Soigner à bac + 3, c’est possible

Non, le bac + 8 n’est pas la voie royale pour travailler dans la santé. De nombreuses formations de niveau bac + 2 ou 3 débouchent sur des métiers spécialisés et permettent d’exercer au sein des hôpitaux ou en libéral : infirmier, bien sûr, mais aussi kinésithérapeute, ergothérapeute, manipulateur radio, podologue… Si le secteur de la santé vous attire et que vous ne voulez pas trop user vos fonds de culottes sur les bancs de l’université, l’un de ces métiers est fait pour vous.

Soigner est une vocation ? Ça tombe bien, le secteur de la santé manque de bras et les besoins ne cessent de croître. La quasi-totalité des professionnels à bac + 2/3 font défaut. Selon l’enquête « Génération 2001 » du Céreq, les diplômés des écoles à bac + 2 de la santé et du social connaissent le taux de chômage le plus faible parmi tous les sortants de l’enseignement supérieur. Proche de 2 %, il promet de multiples débouchés et des opportunités à la pelle.

Pas piqués, ces infirmiers !

De plus en plus d’emplois d’infirmiers devraient être créés dans les prochaines années, excellente raison pour se pencher sur cette profession. Certes, enfiler la blouse blanche signifie horaires difficiles et responsabilités élevées, mais les salaires ont progressé : le salaire d’un débutant s’élève maintenant à 1 500 euros dans la fonction publique. De plus, le diplôme d’État (DE) d’infirmier, préparé en trois ans dans un Institut de Formation en Soins Infirmiers (IFSI), est une qualification reconnue dans toute l’union européenne. Avis donc aux amateurs de voyages, à condition que vous sachiez allier dynamisme, solidité physique et sang-froid.

Mais inutile de vous lancer dans cette profession si la compassion n’est pas votre fort : l’aspect humain du métier s’avère essentiel. Interlocuteur le plus proche des malades et de leur famille, vous serez en première ligne face à la souffrance physique et morale. Enfin, même si vous vous en passeriez volontiers, vous aurez à remplir un certain nombre de tâches administratives, gérer dossiers médicaux et stocks de médicaments.

73% des infirmiers sont salariés des établissements publics ou privés, mais vous pouvez pratiquer en libéral ou opter pour plus d’originalité et vous lancer dans l’humanitaire. Au sein d’un hôpital, l’évolution professionnelle permet de passer d’un service à un autre ou de vous spécialiser dans la discipline de votre choix : maternité, cancérologie, traumatologie… De toute façon, vous serez demandé partout !

Pas de chômage pour le paramédical

Ergothérapeutes, psychomotriciens, kinésithérapeutes : juste derrière le domaine des soins, la rééducation emporte la seconde place du palmarès des métiers porteurs. Comme l’explique Claire-Marie Combecal, responsable d’un centre Adecco Quick Medical Service, nombre de cliniques de « soins de suite » ont vu le jour ces dernières années et les professionnels ne sont pas au rendez-vous pour combler tous les postes.

Spécialiste de la rééducation motrice et fonctionnelle, le kinésithérapeute ne se cantonne pas aux entorses ou scolioses. Il rééduque aussi les malades atteints de paralysies ou de troubles neurologiques, les opérés et les traumatisés. Dans un même registre, l’ergothérapeute aide les handicapés moteurs, sensoriels ou mentaux à retrouver le maximum d’autonomie. Le psychomotricien intervient, quant à lui, pour aider les personnes souffrant de troubles psychomoteurs, comme les tics nerveux, les troubles de l’orientation et du comportement.

Mais d’autres parties du corps peuvent vous tenter… Vous pouvez aider certains à retrouver le sourire en devenant prothésiste dentaire. À moins que vous ne preniez votre pied avec le métier de pédicure-podologue. Comme les muscles de notre corps, les muscles de nos yeux peuvent aussi être rééduqués. C’est l’orthoptiste qui s’en charge, après obtention d’un certificat de capacité, qui se prépare en trois ans à l’université. Son utilité s’impose dans les cabinets d’ophtalmologie et ses responsabilités vont croissantes. Ouvrez l’½il, il faut s’attendre à une augmentation des effectifs.

Quant aux âmes sensibles, elles peuvent opter pour l’assistance technique médicale : les manipulateurs en électroradiologie et techniciens en analyses biomédicales sont aussi une denrée rare. Les manipulateurs sont particulièrement recherchés en région parisienne et les techniciens en analyses biomédicales manquent à l’appel dans les laboratoires privés. Une seule profession fait figure d’exception dans ce tableau de pénurie généralisée, celle de diététicien : « L’ANPE pullule de CV de diététiciens » , confie Chinta Soubash, chargé de mission pour Adecco Quick Medical Service.

Article publié sur Keljob.fr par Priscilla Franken