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Réussir sa prise de fonction managériale

La promotion tant attendue est enfin arrivée, vous entrez bientôt dans vos nouvelles fonctions de manager. Mais prudence, ce nouveau statut n’est pas acquis. Au contraire, tout reste à faire pour démontrer que vous méritez votre nouveau costume.

Le bon état d’esprit

« Dois-je rester moi-même ? » est la première question qui vous vient à l’esprit. Et la réponse est : pourquoi vous en priver ? Si vous êtes d’un tempérament jovial, vous n’allez pas, du jour au lendemain, devenir taciturne ! Vous devrez en revanche adopter une attitude exemplaire. « Quand je dis quelque chose, je montre l’exemple. Il faut à tout prix marquer la différence par un comportement irréprochable » , estime Laurent Tylski, directeur d’Acteo Consulting. Rigueur et organisation sont donc indispensables, cela va sans dire. Mais il vous faudra aussi faire preuve d’une grande maturité émotionnelle : vos capacités à prendre du recul, à gérer les conflits, et à écouter sont essentielles. Vous devrez enfin développer votre charisme. Et dites-vous bien que l’autorité n’a rien à voir avec les galons. « Trop de managers croient que l’autorité se décrète. Ils ont tort, elle se construit. Et elle passe d’abord par le contrôle de soi-même » , déclare Claude Desbordes, directeur associé d’Amplitude Consulting.

Le bon modus operandi

- Assurez votre crédibilité : avant de prendre le poste, vous avez récolté un maximum de renseignements sur votre nouvelle fonction. Pour les compléter, prenez la température en invitant chacun, individuellement, à vous donner son avis sur le fonctionnement du service, ses idées pour le faire progresser, etc. Organisez ensuite une réunion collective pendant laquelle vous clarifierez les objectifs et le processus de décision.
- Construisez votre légitimité  : non, elle n’est pas acquise dès le départ. Même votre excellente réputation n’y fera rien. Vous pouvez solliciter le soutien de votre direction, en invitant par exemple votre supérieur à venir parler à votre équipe. Mais ne vous cachez pas derrière. C’est un soutien, pas un alibi. Soyez présent et anticipez autant que possible. « Si je me contente de contrôler le travail au final, je suis en mode réactif. Ce n’est pas bon. Il faut un suivi régulier, établi en accord avec la personne concernée » , détaille Laurent Tylski.
- Donnez du sens  : l’arrivée d’un nouveau manager est toujours déstabilisante. Vous devez rassurer en présentant votre stratégie, sans oublier de mettre en avant que tout est en lien : vos objectifs correspondent à la stratégie de l’entreprise, ce ne sont pas des « lubies passagères ». Vos décisions seront acceptées sereinement si les gens se sentent en sécurité avec vous.
- Privilégiez le dialogue  : plus vous serez à l’écoute, plus votre analyse sera fine. Échangez un maximum en vous adaptant à chaque interlocuteur. Optez pour la politique de la porte ouverte… et sachez la fermer quand vous avez besoin d’intimité.

Ce qu’il ne faut surtout pas faire

- Ne roulez pas des mécaniques ! « Je ne sais rien. Voilà ce qu’on doit avoir en tête. Il n’y a rien de plus agaçant que quelqu’un qui débarque et qui donne des leçons » , assure Claude Desbordes.
- Ne cherchez pas à imiter votre prédécesseur, vous devez être légitime par vous-même.
- Ne critiquez jamais les décisions, ou pire encore la personnalité de votre prédécesseur. « Au contraire, capitalisez sur les aspects les plus appréciés de son travail, comme une nouvelle organisation qui plaît bien. Cela démontre votre capacité d’analyse » , explique Laurent Tylski.
- Ne remettez pas en question les us et coutumes de l’entreprise.
- Ne prenez aucune décision hâtive : « vouloir tout chambouler au bout de quelques jours, c’est créer les premières sources de résistance. Mieux vaut continuer avec ce qui existe pendant un temps » , avertit Claude Desbordes.
- Ne recadrez pas quelqu’un devant tout le monde.
- Ne vous croyez pas infaillible, le management à l’ancienne « j’ai toujours raison » , c’est terminé ! Aujourd’hui on a le droit à l’erreur, on la reconnaît, et on s’excuse. Par-contre, on ne fait pas deux fois la même, et on évite d’en faire trop…

Et l’affectif dans tout ça ?

C’est la vraie difficulté pour tout manager : jusqu’où le degré d’intimité peut-il aller avec vos collaborateurs ? « Il peut exister une relation amicale avec un collaborateur. Mais attention à toujours se baser sur des éléments factuels et concrets dans le cadre professionnel » , insiste Laurent Tylski. Il estime par-contre que manager à l’affectif est extrêmement risqué. À l’instar de Claude Desbordes, qui se montre très clair : « Celui qui est sympa, il est mort ! » . Si vous la jouez trop « copain », le jour viendra où on vous tapera sur l’épaule en vous disant que vous pouvez bien comprendre, étant SI sympa, pourquoi le travail n’est pas fait correctement… Vous pouvez pratiquer la convivialité bien comprise, être élégant et fréquentable dirons-nous, mais le respect ne s’achète pas. En outre, rappelez-vous que vous n’êtes pas là pour être aimé, mais pour être apprécié professionnellement. « Intègre, fiable, rigoureux » , voilà ce que vos collaborateurs doivent penser de vous.

Article publié sur Keljob.fr par Priscilla Franken