Naopresse

Espace client

Contactez-nous

Nao Presse,
28 rue Jean Jaurès
78 100 Saint Germain en Laye
Tél  : 01 30 61 51 18
Fax : 09 72 13 07 41

Nao Presse Inc,
1204 rue Fleury Est
H2C 1R1 Montréal (Québec)
Tél     : 514 448 15 00

Profession détective

Le détective privé Laurent Giovannoni est le fondateur de l’agence Borsalino à Chantilly. Professionnel depuis une quinzaine d’années, il passe son temps à filer des inconnus et à rechercher des disparus à la demande de ses clients. Portait d’un métier pas comme les autres, entre mythe et réalité.

Laurent Giovannoni n’a pas hésité à baptiser l’entreprise qu’il a créée d’un nom qui entretient le cliché. Pourtant, ce détective privé ne porte ni le borsalino ni les lunettes noires. Contrairement à Dick Tracy, il ne revêt pas d’imperméable pour aller travailler. Son look à lui, c’est jean, chemise et barbe de trois jours. Laurent a créé l’agence d’investigation Borsalino en 1994 à Chantilly après deux ans passés à apprendre le métier dans la capitale. « A 22 ans, un peu paumé, sans diplômes ni expérience, j’ai frappé aux portes des détectives privés. J’y suis allé au culot. Je leur ai dit que je ne connaissais rien à la profession, mais que j’avais envie d’apprendre », raconte-t-il. Une grande agence lui donne un jour une clé de voiture et une personne à filer. Sa carrière est lancée.

Du mari trompeur au salarié voleur

Ambitieux, l’homme s’installe vite à son compte. Borsalino est une micro-entreprise : Laurent travaille seul. « Mes clients cherchent à savoir si leur conjoint les trompe, si leur salarié ne triche pas,... Mon travail est de leur fournir des informations. » Les trois quarts de ses dossiers concernent des particuliers : constats d’adultère, recherche de personnes disparues, affaires d’escroquerie. Le grand « classique », c’est bien évidemment la filature du mari trompeur. Où va-t-il ? A quelle heure ? Avec qui ? Toutes les observations de terrain sont consignées dans un rapport détaillé remis au commanditaire. Un document qui a valeur de preuve devant les tribunaux.

L’autre branche de son activité, c’est l’investigation à la demande des entreprises. Là encore les missions sont diverses et variées. Un patron soupçonne un de ses cadres de trop s’acoquiner avec un concurrent : il fait appel à Laurent. Il pense qu’un employé commet des vols ? qu’il se drogue ? qu’un commercial ne fait que la moitié de ses tournées ? Pour en avoir le c½ur net, il s’offre les services d’un pro. Laurent est même parfois amené à infiltrer les sociétés. « Il est beaucoup plus facile d’avoir des informations quand on est au bas de l’échelle de l’entreprise, en intérim par exemple, que dans des postes de direction. Les gens se méfient moins et se livrent plus facilement », assure le détective. De quoi devenir paranoïaque… « Mon rôle est purement consultatif », précise l’homme de 37 ans.

Anthropologie

Le détective privé se considère comme quelqu’un qui étudie ses semblables, à l’instar d’un anthropologue : « J’aime découvrir les différentes facettes de l’être humain. » S’il lui arrive de dépasser les limites de vitesse ou de mentir pour parvenir à ses fins, il estime respecter un code de conduite. « On m’a proposé de filmer des ébats truqués. C’est non catégorique ! » Il refuse ainsi les dossiers à l’éthique douteuse.

Dans la profession, les opportunités ne manquent pas, mais l’activité de Laurent s’est un peu calmée ces derniers temps. L’homme ne fait plus les gros « coups » qu’il faisait à Paris. Il enchaîne les dossiers « classiques » dans un rayon de 200 kilomètres autour de chez lui. En moyenne, son travail de terrain se limite à quelques jours par mois. Mais à 500 euros la journée, Laurent s’en sort plutôt bien. Régulièrement, il reçoit des CV de jeunes au parcours semblable au sien. Le détective leur explique alors les ficelles du métier en démystifiant son quotidien et les aide à aller plus loin que le monde des bandes dessinées.

Légende photo : « Tout être humain recherche une chose, c’est d’avoir des réponses à ses questions », affirme le détective Laurent Giovannoni.