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Michel Warande, un apiculteur pas comme les autres
M. Warande a 48 ans et exerce son activité depuis 1986. Cet apiculteur d’Inval-Boiron s’est aujourd’hui spécialisé dans la production de gelée royale, laquelle possède des propriétés très spécifiques.
L’histoire de la gelée royale est un peu particulière puisque cette production a presque disparu, il y a une dizaine d’année, sous l’effet de la concurrence asiatique. « Le marché asiatique exportait beaucoup de gelée royale vers la France. Or, les prix pratiqués ne permettaient pas aux petits producteurs que nous sommes de continuer notre activité ! » Les produits ainsi vendus étaient peu chers, mais aussi de mauvaise qualité. Michel a donc voulu relancer cette production en France et faire face aux importations tout en redonnant à la gelée royale ses lettres de noblesse !
Cette substance blanchâtre aux reflets nacrés possède une consistance gélatineuse de même qu’une saveur chaude, acide et très sucrée. Elle est sécrétée par les ouvrières et a pour rôle de décupler la croissance des larves lors de l’éclosion, puis d’alimenter la larve qui sera choisie comme reine jusqu’à la fin de sa vie. On se rend compte des bienfaits de cette gelée en comparant la durée de vie d’une ouvrière nourrie au miel et celle de la reine, nourrie à la gelée royale : quelques semaines pour l’ouvrière contre quatre à cinq ans pour une reine ! La gelée royale possède ainsi des propriétés uniques très utiles pour la diététique et la médication naturelles. C’est ce patrimoine qui demande un savoir-faire particulier que Michel Warande a voulu protéger.
Pour cela, l’ensemble des producteurs de gelée royale se sont rassemblés sous une même entité : le Groupement des Producteurs de Gelée Royale, ou GPGR.
« Cette association, dont je suis le vice-président, a pour objectif de protéger cette production comme le ferait une appellation d’origine contrôlée. » En effet, chaque producteur doit suivre une charte de qualité qui dicte les méthodes et les techniques à respecter afin d’optimiser la qualité du produit final. « Nous avons aussi un organisme indépendant qui contrôle la production de gelée en France pour garantir une qualité optimale pour le consommateur. »
Par l’entremise de cette association, la production initiée en France dans les années 1940 et qui avait failli disparaître se retrouve aujourd’hui bien protégée par ses producteurs. « Je produis une quarantaine de kilos de gelée royale par an, ce qui représente 70 % de ma production totale en volume. » Le miel de tilleul, une spécialité picarde, complète la production annuelle totale de cet apiculteur. La production de gelée et de miel demande à la fois de la technique et du temps, « je passe entre 7 et 9 heures par jour à m’occuper des ruches, mais aussi de la mise en pot finale de mes produits. »
La gelée royale fascine par ses propriétés ainsi que par sa conception au sein de la ruche. C’est pour cette raison que l’Union européenne vient de débloquer un budget de 600 000 ¤ pour que le CNRS de Lyon mette en place des travaux de recherche sur la composition exacte de la gelée royale. « Je suivrai ces travaux avec les chercheurs du CNRS afin de comprendre les bienfaits de ce produit d’exception. »
Légende : Depuis 1986, Michel Warande produit du miel et de la gelée royale selon des techniques très strictes.
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