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Le BIT livre des résultats saisissants sur les discriminations à l’embauche
Le Bureau International du Travail vient de rendre publics les résultats de son étude française sur les discriminations à l’embauche liées aux origines. Le BIT a répondu, de fin 2005 à mi-2006, à 2 440 offres d’emploi en envoyant systématiquement deux candidatures similaires : tantôt des femmes, tantôt des hommes, âgé(es) de 20 à 25 ans, ayant une formation et une expérience professionnelle équivalentes. L’un des deux candidats s’appelle Julien ou Marion Roche, Jérôme ou Emilie Moulin, l’autre Farid ou Latifa Boukhrit, Kofi ou Binta Traoré.
Les résultats sont sans appel : les employeurs testés ont très nettement discriminé les candidats au patronyme d’origine étrangère. Seulement 11% des employeurs ont respecté, tout au long du processus de recrutement, une égalité de traitement entre les deux candidatures alors que 70% des employeurs ont choisi de favoriser la candidature suggérant une origine hexagonale. Ainsi, lorsque les employeurs ont effectué un choix entre les deux candidatures qui leur étaient proposées, la préférence s’est portée près de 4 fois sur 5 sur le ou la candidat(e) portant un nom aux consonances françaises !
L’enquête a testé à la fois les envois de CV par courrier ou email, les appels téléphoniques et les entretiens en personne. Les tests ont été menés, chaque fois qu’il a été possible, jusqu’au bout du processus d’embauche. Or, les différences de traitement se manifestent dès le premier contact avec les employeurs : près des neuf dixièmes de la discrimination est enregistrée avant même que les employeurs ne se soient donné la peine de recevoir les deux testeurs en entrevue.
On remarque une variation selon le type de prise de contact. Dans les tests débutant par un envoi de CV, la discrimination semble encore plus importante que pour les premières prises de contact par téléphone. Dans les rares cas qui franchissent la barrière discriminatoire du contact initial, les candidats sont, en revanche, traités plus équitablement dans la suite du recrutement.
Le BIT a réalisé des enquêtes similaires aux Etats-Unis, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Espagne, en Belgique et en Suède. Dans certains pays comme la Belgique, ces études auraient eu des impacts positifs sur les mesures prises en faveur de l’égalité professionnelle. Espérons qu’il en sera de même en France…
Article publié sur Keljob.fr
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