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La société Faure, entre trot et galop
Le fer à cheval porte-t-il bonheur ? On pourrait le croire en constatant que l’entreprise SA Faure fabrique ce matériel depuis près d’un siècle. Mais cette PME de La Croix-Saint-Ouen n’a pas toujours été au pas de course. Rencontre avec son président directeur général, Hugues Perrier.
Le fer, ce fut le premier cheval de bataille de SA Faure. Même si la société a été amenée à revoir ses plans face aux nouvelles donnes économiques de ce siècle, elle n’en a pas moins hérité d’une centaine d’années d’expérience.
Elle fut créée par Anatole Faure en 1910, alors même que La Croix-Saint-Ouen était un centre d’entraînement de pur-sang. Le fondateur y exerçait la profession de maréchal-ferrant, et monta l’affaire pour ses propres besoins. En 1914, la guerre menace, et la proximité du front provoque une fuite vers Chantilly. Le conflit terminé, Anatole Faure cesse son activité de maréchal-ferrant, mais la qualité des fers qu’il produisait avait séduit ses confrères. L’homme conçoit des machines, invente le fer de course en aluminium. Il s’agissait d’ailleurs de la spécialité de l’entreprise lorsqu’elle fut reprise par Gaston Faure dans les années 50. La société passe aux mains des fils de celui-ci, vingt ans plus tard. Leurs divergences mènent à une séparation en 1987. Deux ans plus tard, Hugues Perrier rentre dans l’entreprise en tant que commercial. Il en est aujourd’hui à la tête.
Comment se structure la concurrence dans un marché tel que celui de l’équipement équestre ?
« On reste dans un secteur où la concurrence n’est pas excessive, mais toutefois présente. Les hollandais constituent nos concurrents les plus féroces, et l’arrivée récente de l’Asie sur le marché, en particulier de la Chine, n’arrange pas les choses. Leurs prix sont moins élevés, mais les conditions d’approvisionnement ne sont pas encore optimales. Sans être touchés de plein fouet, nous ressentons ces effets-là, puisque nous sommes un marché de niche. »
Quelle est la santé de SA Faure ces dernières années ?
« Nous avons eu de grosses difficultés liées à l’augmentation des coûts de production. Depuis dix ans, la matière première, la masse salariale et l’énergie sont en hausse, sans que l’on puisse répercuter ces effets sur le prix de vente. Nos marges se sont écrasées, et nous avons dû réduire une partie de nos effectifs. La délocalisation est un choix qui s’est présenté à nous, mais que nous avons écarté. »
Quelle stratégie avez-vous développée en réponse à cela ?
« Avant tout, il faut savoir que ce secteur a considérablement muté dans les années 80. Le développement et la popularisation de l’équitation ont abouti à l’explosion du marché du cheval de selle. Nous nous sommes bien sûr adaptés, tout en conservant notre production de fers de course. Aujourd’hui, nous avons deux activités : la fabrication et la distribution. Nous fournissons à un maréchal-ferrant la totalité des outils ou produits dont il pourrait avoir besoin. Je ne veux pas m’enfermer sur des activités de production. »
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