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La lumière au bout du tunnel pour l’usine Allara
Francis Allara n’a pas vu venir le virage des constructeurs automobiles qui, pour s’approvisionner en pièces, se sont tournés vers les pays en émergence. L’atelier d’usinage de Viels-Maisons y a perdu la moitié de son chiffre d’affaires. Pour garder sa société à flots, le chef d’entreprise est revenu aux origines de la production : du sur-mesure en petites quantités.
Sous-traitant en usinage de pièces mécaniques, Allara produit des pièces à l’unité et en petites séries. Dans ses ateliers, rentrent des métaux bruts qui seront transformés selon les spécifications du client : « Les barres d’acier sont débitées par une scie selon l’importance de la pièce. Ensuite, nous pouvons procéder au tournage et au fraisage sur machines à commande numérique, selon le plan fourni par le donneur d’ordre », indique Francis Allara, président de la société.
Les principaux clients d’Allara sont des entreprises industrielles des secteurs de l’automobile, de l’emballage et de l’agroalimentaire. « Tout ce qui a trait à la mécanique est dans nos cordes. On fait des pièces qu’on ne trouve plus chez les fournisseurs, mais à 95 % ce sont des pièces neuves. »
L’entreprise offre un service de dépannage, du reste, bien apprécié par les gens du cru : « Il nous arrive fréquemment d’usiner des pièces pour les agriculteurs ; par exemple, nous pouvons remplacer rapidement une boule d’attelage pour un tracteur. Ça ne semble pas grand-chose, mais pour l’exploitant ce peut-être une journée ou deux de travail sauvées. »
Fondée par Pierre Allara, en 1949, c’était à l’origine une entreprise artisanale située dans le sous-sol de sa maison. Il y a prospéré jusqu’en 1972, épaulé par quatre employés. Cette même année, il a inscrit son entreprise au registre des sociétés, mais est décédé l’année suivante. « A l’époque mon frère et moi étions étudiants, mais nous avons décidé de reprendre l’entreprise. Les affaires marchaient bien et nous avons estimé que la société devait rester dans la famille. »
Cinq ans plus tard, les frères Allara investissent dans les machines à commande numérique. Grâce à cette technologie de précision, ils prennent la voie de la production en grandes séries. Jusqu’en 2001, le carnet de commandes est bien rempli. Les livraisons de cinq mille pièces sont monnaie courante, les clients provenant principalement du secteur de l’automobile. Mais la mondialisation est venue tout chambarder : « Notre principal donneur d’ordre a trouvé des fournisseurs en Inde, ce qui nous a obligé à nous recentrer sur des pièces unitaires et de petites séries ». Mais le coup est dur à absorber : « En 2001, notre activité a chuté de plus de 50 %. D’une vingtaine d’employés que nous étions, nous sommes tombés à huit en l’espace de quelques mois. Ça a été une période très difficile, mais petit à petit, j’ai reconstruit une clientèle assez stable. »
En 2006, un autre événement familial a affecté la vie de Francis Allara : le décès de son frère. Seul depuis deux ans, il a dû apprendre tous les aspects de l’administration, puisqu’il s’occupait principalement des opérations. L’adaptation passée, il songe à investir dans de la machinerie plus performante, signe que le pire est derrière lui.
Légende : Spécialisée en usinage de pièces pour l’industrie, la société Allara répond aux besoins précis du client par un service rapide et sur mesure.
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