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La formation professionnelle dans la santé et l’action sociale
La formation continue des professionnels de la santé et de l’action sociale est un enjeu capital pour la qualité de notre système sanitaire et social. Une bonne formation professionnelle peut, en bout de course, permettre de sauver des vies… Or cette question prend plus d’importance avec le vieillissement de la population et la pénurie annoncée en personnels de soins et d’accompagnement.
Dans ce contexte, des réformes de taille ont été entreprises ces dernières années. 2006 a vu la concrétisation de deux mesures majeures : le Plan Hôpital 2007 et la Formation Médicale Continue. La formation professionnelle y joue un rôle clé, que ce soit pour les professions hospitalières ou libérales. Quant au domaine social, la formation continue, historiquement très présente dans ces métiers, permet de professionnaliser des fonctions en forte progression et favorise la mobilité professionnelle, très recherchée par les professionnels du secteur.
Bouleversements dans le monde de l’hôpital
Le Plan Hôpital 2007, dont le décret a été voté en 2005, modifie profondément l’organisation hospitalière. Il institue des changements structurels et culturels majeurs : le passage à une tarification à l’activité, directement liée au service médical rendu, et une structure décentralisée en pôles qui octroie aux médecins de nouvelles fonctions de gestion.
Hôpital 2007 entraîne de gros besoins en formation continue. Le ministère de la santé a mis en place un plan de formation massif, plus de 10 000 professionnels auraient été formés depuis octobre 2006. Le groupe Demos, l’un des quatre organismes prenant en charge cette formation, annonce avoir déjà formé 1 500 cadres.
Il s’agit d’expliquer la réforme au personnel hospitalier, mais aussi de former les médecins à la gestion et au management, disciplines relativement nouvelles pour eux. La constitution des pôles d’activité, qui devait prendre effet avant fin 2006, a également nécessité un accompagnement important.
Plusieurs autres évolutions sont à noter dans la formation continue hospitalière. L’organisme de formation GRIEPS souligne l’émergence de quatre tendances fortes :
Les formations sur les outils et méthodes de travail comptent parmi les plus demandées, notamment sur les dossiers de soin.
Les formations de « relation d’aide » sont également courues : apprendre à aider psychologiquement les malades, notamment lors de l’annonce d’un diagnostic lourd.
Les thèmes liés aux situations de violence et d’agressivité vont être de plus en plus présents car le ministère a récemment lancé le programme « violence et santé ».
Enfin, le vieillissement de la population implique un fort développement des formations liées aux personnes âgées : professionnalisation des structures d’accueil, prise en charge de l’Alzheimer, accompagnement de fin de vie, prévention de la maltraitance,…
La FMC : une obligation de formation pour tous les médecins
En 2006, les derniers décrets d’application ont lancé officiellement la FMC : Formation Médicale Continue. Cette réforme, initiée en 1996, est un changement de taille dans les habitudes médicales car elle institue une obligation de formation continue.
Chaque médecin en activité, quels que soient son mode d’exercice et sa spécialité, doit, à présent, cumuler 250 crédits de formation sur une période de cinq ans. Les médecins ayant validé leurs points dans les temps reçoivent une attestation et ceux ayant pris du retard doivent se conformer à un plan de rattrapage.
« Pour l’instant, nous ne remarquons pas de grands bouleversements dans les habitudes de formation des médecins libéraux, précise le Docteur Guy Bigot de l’Association de Formation des Médecins Libéraux, car ceux-ci ont déjà une forte conscience des besoins de formation liés à leur métier. Mais une recrudescence des demandes est à prévoir à l’approche de la date limite des 5 ans… » Avant la réforme, environ 12% des médecins libéraux effectuaient une formation annuellement. Aujourd’hui, on tournerait autour de 20% et la FMC devrait logiquement faire monter ce chiffre à plus de 70%.
Les CNFMC et le Ministère de la santé ont défini cinq orientations prioritaires pour cette période quinquennale faisant l’objet d’une bonification de 20% de crédits :
rôle des praticiens en situation de crise sanitaire
iatrogénèse
prévention vaccinale
prévention et dépistage des cancers
prévention et réduction des risques environnementaux, comportementaux et professionnels
Les professionnels du social : grands adeptes de la formation continue
« Les acteurs du social sont encore plus nombreux à profiter de la formation continue que les professionnels de la santé, affirme Olivier Cany, directeur de l’AFORTS. » Plusieurs facteurs l’expliquent : les professions du social sont globalement moins qualifiées, or plusieurs de ces métiers sont en train de se professionnaliser du fait des difficultés de recrutement. Citons, par exemple, les aides aux personnes âgées ou fragiles. Il y a 20 ans, ces fonctions n’exigeaient aucune qualification, aujourd’hui des diplômes sont requis, tels que le Diplôme d’Etat d’Auxiliaire de Vie Sociale, et les demandes de formation sont exponentielles.
Par ailleurs, le social est un domaine dans lequel la mobilité est grande. Les professionnels du secteur sont soucieux de changer régulièrement de public et de structure. La formation professionnelle leur permet de se diversifier.
Enfin, nombre de fonctions sociales requièrent un diplôme d’état : éducateur spécialisé, assistant social, conseiller en économie sociale familiale,… Pour en ouvrir l’accès à des professionnels, les organismes de formation initiale ont, depuis longtemps, aménagé leurs cursus. « Généralement, on compte autour de 10 à 15% de personnes en formation continue dans les centres de formation initiale qualifiante, précise Olivier Cany. »
Dans ce cadre, le dispositif de validation des acquis de l’expérience (VAE) est plébiscité par les acteurs du social. Permettant d’obtenir une qualification par la reconnaissance de l’expérience, il évite à des professionnels de devoir suivre l’intégralité d’une formation pour acquérir un diplôme. Un éducateur spécialisé pourra, par exemple, obtenir plus facilement le diplôme d’assistant social, en faisant valider certaines de ces compétences par VAE et en complétant par une formation dans les domaines qu’il connaît moins.
Article mis en ligne sur Kelformation.com
Formation Initiale : 3èmes cycles : Masters, magistères, mastères spécialisés et IUP