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La fonderie, un métier d’art
A Friville Escarbotin, Jean-Yves Caron tient une fonderie d’art qui lui permet de transformer des ½uvres faites de bois ou de terre en bronze. Il participe également à des travaux de restauration dans la région. Portrait d’un sexagénaire bon pied bon ½il.
Le pot de terre qui voulait devenir aussi fort que le pot de fer. Lafontaine aurait pu l’écrire, mais c’est bien à Friville, dans la fonderie de Jean-Yves Caron que cela devient possible. Depuis une vingtaine d’années, la fonderie Caron permet à des artistes professionnels et amateurs de faire une copie en bronze, à l’identique, de leurs ½uvres.
Son métier lui tient à c½ur, lui qui aime rappeler qu’« il existe encore en Picardie des artisans d’art, et des sculpteurs ». Pourtant, rien ne le destinait à travailler le métal. « J’ai une formation en BTP à l’origine ! C’est dans ce milieu que j’ai découvert le métal et cela m’a passionné. J’ai commencé à travailler avec mon père, qui tenait une entreprise de sous-traitance en robinetterie et j’ai fini par orienter mon activité vers l’art. »
Il se lance alors dans une pratique de fonderie particulière, dite « à cire-perdue », avec des clients français, belges ou hollandais. « Les artistes m’apportent leurs ½uvres en bois, en terre ou toute autre matière. Je fais un moulage en résine sur l’original. Quand elle est sèche, je retire la cire et je coule le bronze dedans, explique Jean-Yves. Je suis toujours content de voir des ½uvres qui ont trente ans et qui n’ont pas bougé. Du travail bien fait, » affirme-t-il.
Outre cet aspect de réplique, Jean-Yves fait également de la « fonderie sable » ; il créé alors lui-même, des pièces uniques ou en tirage limité à partir de moulages en sable préalablement fabriqués. « Les pièces peuvent mesurer de quelques centimètres à un, voire deux mètres », explique-t-il. Polyvalent, Jean-Yves Caron ne s’arrête pas là ! Il a participé notamment aux travaux de reconstruction de la célèbre horloge « Marie sans Chemise » d’Amiens en l’an 2000.
Pour l’anecdote, à l’occasion de la commémoration du débarquement allié, il a réalisé un buste en bronze du général Patton. Une heureuse coïncidence, car c’est ce même général américain qui a libéré son père du camp de prisonniers. « Un travail accompli avec beaucoup de passion que j’aurais souhaité réaliser sous son regard », confie-t-il.
Sexagénaire, Jean-Yves reconnaît aujourd’hui la pénibilité de son métier et espère bien trouver une personne qualifiée qui pourra l’épauler. Et pourquoi pas l’aider à développer son activité ? Les particuliers, de plus en plus nombreux à suivre des cours de développement artistique, sont très demandeurs de stage qui leur permettent de comprendre le passage de la terre au bronze. « C’est un projet, précise-t-il. Si j’arrive à résister, je travaillerai encore. Ce n’est pas le travail qui manque ici ! », conclut-il.
Légende : Jean-Yves Caron en train d’exécuter une patine
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