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L’école à la ferme
Dans le village d’Orival, le Domaine d’chés Margaines surprend par son architecture atypique. Cette ferme pédagogique pourrait bientôt figurer sur la route de classes vertes.
Orival, en face de l’église. C’est dans cette commune de la Somme que se dresse le Domaine d’chés Margaines. Un corps de ferme édifié en 1856, avec ses bâtiments imposants, son architecture atypique et sa toiture en ardoise. L’endroit fleure bon le terroir et l’histoire. La ferme a servi d’infirmerie pour les chasseurs alpins pendant la Seconde Guerre mondiale. On dit aussi qu’il a fallu détruire un bois entier pour lui fournir les nombreuses poutres en chêne qui composent son ossature. Voilà pour l’anecdote.
Aujourd’hui, l’exploitation agricole tournée vers la polyculture et l’élevage ovin et porcin appartient à Marie-Laure Naillon. A la mort de son père en 2004, cette enseignante de profession a repris le flambeau de ce patrimoine familial en compagnie de sa mère. Mais elle continue d’enseigner le français et l’anglais dans une maison familiale rurale, laissant les travaux dans les champs à un prestataire de services. Depuis mars 2006, Marie-Laure Naillon a décidé d’ouvrir les portes de son exploitation au public. Elle sert de guide à des groupes d’enfants et d’adultes. Les premiers découvrent la ferme d’une manière ludique, à travers différentes thématiques comme la découverte des animaux de la ferme ou le cycle de l’eau. Les seconds renouent parfois avec leurs souvenirs d’enfance, dans un cadre exceptionnel.
Pour accueillir ses visiteurs, la maîtresse des lieux a aménagé une grange où ont été entreposés des vieux outils et des photos sur la vie rurale d’antan. Un petit musée familial qui retrace un siècle d’histoire. Ce retour dans le passé n’est pas pour déplaire à Marie-Laure Naillon, laquelle accompagne ses visiteurs en costume traditionnel et prend soin de leur raconter une histoire dans la langue picarde à la fin de chaque visite. L’occasion, sans doute, de leur expliquer aussi l’origine du nom de la ferme, baptisée en 2006 seulement. « C’est en relation avec un bois situé derrière la maison, le bois des Margaines, raconte-t-elle. En picard, cela signifie chèvre, chevreuil, car on en trouve beaucoup dans cet endroit. C’est en quelque sorte un hommage à ce bois qu’on a voulu rendre… »
Dans un avenir proche, le Domaine d’chés Margaines pourrait figurer sur l’itinéraire de classes vertes. Un projet que Marie-Laure Naillon partage avec un petit groupe d’agriculteurs sur le plateau picard sud, et qui pourrait entrer dans une phase active dès la rentrée prochaine. « Des groupes scolaires extérieurs à la Picardie seraient hébergés dans une structure d’accueil la semaine, détaille l’ancienne animatrice de centres de loisirs. Ils pourraient visiter nos fermes respectives et découvrir le milieu, l’environnement et l’histoire de la région. »
D’ici là, une autre opération va mobiliser le Domaine d’chés Margaines. Le 27 avril prochain, uniquement l’après-midi, il participera à la journée portes ouvertes orchestrée par le réseau « Bienvenue à la ferme » dont il fait partie. Les absents pourront toutefois se rattraper un autre jour. Mais attention, uniquement le mardi et le jeudi sur réservation en période scolaire, et tous les jours en période de vacances. Le passé vous y attend.
Légende : Le Domaine d’chés Margaine propose aux petits et grands une visite de la ferme originale.
Les « petites mains » de Catherine