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« L’Atelier du clavecin » : la force tranquille de la musique
Laurent Soumagnac tord le cou aux idées reçues. Non, le clavecin n’est pas démodé. Au contraire, l’activité de ce facteur et restaurateur bat son plein. Son atelier, situé à Chaumont-en-Vexin, vient de souffler ses 30 bougies. L’occasion pour Laurent de faire le bilan de ses parcours et travaux.
Le clavecin. Voilà un instrument que l’on associe volontiers à une époque révolue, évoquant poudre et perruques. Pourtant, il est en plein essor. C’est en tout cas ce qu’affirme le spécialiste picard du clavecin, Laurent Soumagnac : « Le marché du clavecin est conséquent. Cet instrument est omniprésent. » L’homme connaît son sujet ; lui qui restaure, confectionne et fait circuler ses productions à travers la France.
Pourtant, ses débuts furent loin d’être aisés. En 1976, il entre en apprentissage auprès du restaurateur du Musée instrumental. Mais Paris ne convient pas au jeune artisan : « Avec les politiques de l’époque, c’était trop lourd à supporter pour les micro-entreprises comme la mienne, explique-t-il. En 1981, je décidai de m’installer à Chaumont- en-Vexin ». Avec raison. Comme souvent dans le monde de la musique, la notoriété vient à force de travail. C’est dans l’Oise que Laurent obtient la sienne, même s’il se hâte de préciser qu’elle reste « dans le cadre de sa niche professionnelle ».
Obsolète, le clavecin ? Que nenni. L’atelier de Laurent est très sollicité. Facteur, restaurateur, il met également à la disposition des musiciens les instruments de sa propre fabrication (deux à trois pièces par an). « Cela permet de garder le contact avec eux » déclare-t-il. Et, avec près de 150 concerts annuels, il y a de quoi faire. Sous ses mains, passent des clavecins de collection répertoriés au musée ou issus de collections privées.
Quelles sont donc les raisons de ce succès ? « Le clavecin est omniprésent » répond Laurent Soumagnac. « La musique baroque se vend encore dans la grande distribution. Dans les programmations de radio classique, elle doit représenter 15 à 20% ». Même si l’on ne l’entend pas toujours, le clavecin est bien présent dans l’orchestre. Les élèves et professeurs ne sont pas si rares. C’est un peu la loi de l’offre et de la demande, car les auditeurs sont également nombreux. « Cet instrument est certes marginal, mais il n’est pas si mal représenté » constate l’artisan. A travers la France, on dénombre une dizaine de facteurs de clavecin.
Car rares sont ceux qui détiennent le savoir-faire permettant d’en concevoir intégralement. A « l’Atelier du clavecin », on part de la bille de bois même - qui peut avoir jusqu’à deux siècles de coupe - jusqu’à l’accordage final une fois l’instrument sur scène. « Il n’y a guère que les cordes que l’on ne file pas nous-même ! » fait remarquer Laurent. Après trente ans de labeur, entre bois et mélodies, il ne reste pas sur ses acquis. Sa philosophie : « le métier artisanal est le métier de la main en progrès constant, où rien n’est jamais fini ».
Légende photo : Laurent Soumagnac est capable de restaurer ou fabriquer intégralement un clavecin. Si l’activité est rare, l’instrument n’en est pas moins répandu en France.
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