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Jean-Claude Gombeaud : un graphiste au pied de la lettre

Dans son atelier de Jaux, Jean-Claude Gombeaud est l’un des rares artisans graphistes à savoir peindre à la main. En dépit de la forte mutation qu’a connue la profession, il parvient à concilier l’art du pinceau avec les découpes de lettres par informatique. Des évolutions qui lui paraissent irréversibles.

« Graphiste-décorateur » : tel est le titre de Jean-Claude Gombeaud aujourd’hui. Mais cela n’a pas toujours été le cas… Voilà plus de quarante ans qu’il voit son métier s’adapter aux nouvelles technologies. « À l’origine, ma formation est celle d’un peintre en lettres. J’ai ainsi appris à peindre les lettres à la main. Désormais la profession s’est modernisée, notamment avec la découpe adhésive. » Son activité, transformée, concerne les panneaux ou les véhicules publicitaires, un travail centré sur la lettre adhésive et la signalétique. Jean-Claude travaille en duo avec sa femme. Celle-ci s’occupe de l’aspect informatique et lui, de la pose.

L’originalité de M. Gombeaud est de proposer aussi des travaux de trompe-l’½il ou des fresques murales. Les restaurants et les bars sont souvent intéressés par les talents de Jean-Claude pour obtenir un décor original et unique. Celui-ci réalise la plupart de ses ½uvres à Compiègne, comme les deux tours devant l’hôtel de ville à l’occasion des fêtes. Autre type de commande : des fresques murales pour cacher certaines façades… assez fades. Ces demandes de peintures demeurent toutefois modestes par rapport à l’ensemble de son activité : « les fresques doivent représenter environ 15 % du chiffre d’affaires », estime l’artisan.

Autre élément intéressant dans le parcours de Jean-Claude : il a participé à la création de la première coopérative artisanale de France, réunissant une cinquantaine d’artisans. Les commandes étaient directement passées à la centrale, mais les débuts de l’informatique sonnèrent le glas de la coopérative : « Peu à peu, les membres se sont équipés et ont quitté l’organisme qui aura duré une dizaine d’années en tout. » Un virage que Jean-Claude a su négocier habilement, tout en conservant son savoir-faire de peintre en lettres.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?

Indéniablement, c’est la réalisation de fresques, pour leur part de créativité. Chacune d’entre elles est faite à la main et est unique en son genre. On ne la trouvera pas sur Internet ! Aujourd’hui, le numérique prend le pas sur cet aspect du métier. On peut tout simplement imprimer une photo numérique de bonne qualité sur une bâche ou même sur des panneaux de 10 mètres de hauteur.

Est-ce une menace pour votre activité ?

Ce n’est pas vraiment une menace, mais celui qui ne s’équipe pas ne s’en sortira pas. Le marché va de l’avant, on ne reviendra pas en arrière. En revanche, la restauration des vieilles enseignes est une pratique qui devient courante et un savoir-faire est indispensable pour réaliser ce type de travail. Or, aujourd’hui, on n’apprend plus aux jeunes à peindre à la main dans le cadre des formations de graphistes-décorateurs. C’est dommage…

Légende photo : « Peintre en lettres dans les oubliettes » : Jean-Claude Gombeaud a pu voir l’évolution et la raréfaction de son activité de peintre, au profit de celle de graphiste.