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Jean-Christophe Drain se plie en deux par amour du cheval
C’est un métier dont la mort semblait programmée, pourtant la maréchalerie continue de se développer grâce à ses artisans qui, comme Jean-Christophe Drain à Haramont, transmettent leur passion et leur savoir-faire aux nouvelles générations.
Ce maréchal-ferrant a su faire évoluer un métier aux techniques et aux gestes ancestraux avec des connaissances équestres que la science renouvelle en permanence. Au trot ou au galop, Jean-Christophe Drain parcourt les écuries de la région pour satisfaire son amour des chevaux.
Comment transforme-t-on sa passion en profession ?
« Je monte à cheval depuis l’âge de quatre ans et j’ai toujours voulu évoluer dans ce milieu. Après le lycée, je suis parti en Belgique à l’école royale de maréchalerie de Bruxelles qui est très réputée pour la forge du fer. Là-bas, j’ai obtenu un diplôme de forgeron et de maréchal-ferrant. Je suis revenu en France, en Seine-et-Marne, chez un maréchal-ferrant qui travaillait beaucoup avec des chevaux de concours hippiques. J’y ai terminé mon apprentissage et j’ai obtenu un CAP agricole option maréchalerie. Juste après mon service militaire, j’ai passé un brevet technique des métiers option maréchalerie. A 26 ans, je me suis enfin mis à mon compte. »
La concurrence est-elle un obstacle dans votre profession ?
« Je n’ai pas de concurrents, je n’ai que des collègues. Grâce aux centres équestres et aux particuliers, le nombre de chevaux a fortement augmenté ces dernières années. J’ai deux apprentis avec moi, et nous sommes très souvent débordés. »
Comment développez-vous votre clientèle ?
« Je fonctionne uniquement avec le bouche à oreille. Je pratique une activité paramédicale, ainsi les clients ne nous choisissent pas grâce à une annonce, le monde de l’équitation est un milieu en vase clos. C’est un peu comme en médecine générale : son docteur, on ne le choisit pas dans un catalogue. Le plus souvent, je m’occupe d’un cheval toute sa vie, cela permet d’observer les évolutions et de faire un suivi personnalisé. Mon travail n’est pas figé. »
En quoi la maréchalerie est une activité paramédicale ?
« Nous suivons un cheval depuis son tout jeune âge. Nous remarquons donc toutes les évolutions et toutes les petites choses à corriger. C’est un travail d’observation : si vous savez les observer, les chevaux sont de très grands bavards. Leur allure ou l’usure d’un fer en disent beaucoup sur leur santé. Ensuite, il faut avoir un dialogue constructif avec les propriétaires ou les moniteurs, car il faut privilégier la prévention pour éviter que le cheval ne souffre inutilement. Nous travaillons main dans la main avec les vétérinaires dans l’intérêt du cheval. »
Que peut-on vous souhaiter pour l’avenir ?
« La santé, pour pouvoir exercer le plus longtemps possible ! La maréchalerie est un métier très exigeant physiquement. Il existe très peu de maréchaux-ferrants qui travaillent jusqu’à leur retraite. Les problèmes d’arthrose sont fréquents. Nous sommes dans une position pliée, et le choc du marteau sur les poignets peut être pénible à la longue. Mais je dois l’avouer, le matin, je ne pars pas travailler, je vais m’amuser. J’ai la chance de faire un métier passionnant… »
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