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J’aurais voulu être un artiiiste !
Le coup de pinceau de Van Gogh, la grâce de Noureev ou l’oreille de Mozart vous font rêver ? Artistes en herbe, sachez que plus de 250 métiers s’offrent à vous. Mais ce n’est pas parce qu’on a la tête dans les étoiles qu’il ne faut pas avoir les pieds sur terre. Quelques pistes pour vous repérer dans le flou artistique des formations.
Public ou privé ?
C’est la première question à vous poser. Homologation du diplôme, reconnaissance par l’État et les professionnels, insertion des anciens sur le marché du travail… de nombreux critères peuvent vous aider à faire votre choix :
57 écoles supérieures d’art* (nationales ou territoriales) sont placées sous la tutelle du ministère de la Culture et de la Communication. L’entrée se fait sur concours après le bac (L option arts plastiques étant le plus approprié).
Côté privé, on ne compte plus les écoles, les conditions d’admission varient mais en général, le bac ou le niveau terminale est requis. Les formations durent entre 1 et 4 ans et les frais de scolarité s’étalent en moyenne de 1 000 ¤ à 5 000 ¤.
Histoire de l’art, arts appliqués, arts plastiques, arts du spectacle… l’université aussi dispense des formations artistiques même si l’enseignement y est plus théorique qu’en école spécialisée. Il existe cependant des formations universitaires professionnalisantes comme les IUP, IUT ou licence pro.
=> Retrouvez la liste sur www.culture.gouv.fr
S’orienter dès la 3ème
Pas encore le bac mais vous vous voyez déjà restaurer les vitraux de Notre-Dame ou confectionner des robes de haute couture : CAP et BEP sont faits pour vous. Ébéniste, cordonnier, ferronnier, perruquier posticheur… Ils dispensent un enseignement technique en vue d’une insertion professionnelle rapide. Le CAP se prépare en 2 ans après la classe de 3ème dans un lycée professionnel ou en apprentissage (en CFA), et forme à un métier bien précis. Les BEP, moins spécialisés, forment plus à une branche professionnelle qu’à un métier, c’est pourquoi ils sont davantage conseillés aux élèves qui souhaitent poursuivre leurs études. Suite à l’obtention d’un CAP ou d’un BEP, il est possible de poursuivre sa formation grâce à quatre brevets de niveau baccalauréat : le brevet de technicien (BT), professionnel (BP), des métiers d’art (BMA) ou technique des métiers (BTM). Vous pouvez aussi préparer un bac professionnel en 2 ans. La voie royale : le compagnonnage. Menuisier, tailleur de pierre, tapissier d’ameublement… cette formation est synonyme d’excellence.
=> Allez faire un tour sur le site www.metiers-art.culture.fr, il recense l’ensemble des diplômes des métiers d’art des ministères de l’Education nationale et de la Culture, ainsi que ceux homologués par les deux institutions. Ils sont classés en neuf catégories : arts de la terre et du feu, arts du bâtiment et de la pierre, arts du bois et du meuble, arts du livre, de l’estampe et du graphisme, arts du métal, arts du spectacle, arts textiles et mode, bijouterie, orfèvrerie et horlogerie, facture instrumentale.
Les formations prestigieuses
Les Beaux Arts, l’Ecole du Louvre, les Arts Décoratifs… Beaucoup de candidats pour peu d’élus : la sélection y est drastique. Il faut différencier ces écoles d’arts plastiques (peinture, sculpture, gravure) des écoles d’arts appliqués. Comme le nom l’indique, les enseignements des écoles d’arts appliqués touchent différents domaines mais appliqués à l’art (design, décoration, dessin animé, graphisme, mode, architecture…). Boulle, Duperré, Estienne, Olivier-de-Serre font partie des plus renommées. L’ENSCI* est la seule école nationale supérieure consacrée à la création industrielle et au design. Cependant, CAP, Bac pro, BT et autres formations professionnelles courtes existent aussi pour les arts appliqués. Dernier point : ne confondez pas classes prépa et Manaa : tandis que les premières préparent aux concours des grandes écoles, les secondes sont des classes de mise à niveaux en arts appliqués et sont l’équivalent des premières années des écoles d’art.
*Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle – Les Ateliers, Paris
Emilie, 27 ans : « J’ai intégré l’ITM pour devenir maquilleuse professionnelle pour le cinéma. »
Pourquoi avoir choisi une école privée ?
Les écoles publiques proposent des formations dans l’esthétique, or je ne voulais pas travailler dans un institut de beauté. À l’ITM (Institut Technique du Maquillage), j’avais des cours d’art plastique, d’histoire de la mode et beaucoup de dessin. Si les cours sont très intéressants, le coût de l’école (5850 euros l’année) n’est pas vraiment justifié. Au moment de l’inscription, on m’a dit qu’il était préférable que j’intègre d’abord la classe préparatoire, or je me suis rendu compte par la suite que j’aurais pu m’en passer. De plus, nous n’avions cours que la matinée ou l’après-midi. J’ai donc payé trois ans alors que j’aurais pu en économiser deux, à temps plein sans la prépa ! Mes stages étaient « bénévoles », beaucoup d’animation maquillage pour les enfants où l’on n’est pas payé, si ce n’est avec le pourboire laissé par les parents, ou des courts-métrages qui n’ont déjà pas de budget. Mais c’est l’expérience qui compte, donc il faut en passer par là. Et puis, après c’est une question d’opportunités, de rencontres, de réseau et de bouche à oreille une fois que l’on s’est fait un nom !
Vous êtes aujourd’hui responsable adjointe d’un magasin de beauté…
Au départ, j’ai été embauchée pour une animation maquillage lors d’un casting organisé par le magasin. Suite à cette opération, j’ai été engagée en CDI et depuis deux ans, je suis passée responsable adjointe d’un autre magasin de la marque. Le maquillage est un des services que nous proposons aux clientes, mais il est évident que mes fonctions impliquent aussi la vente et le management de l’équipe – ce qui est un véritable challenge pour moi ! Et puis, j’y trouve une stabilité professionnelle que n’offre pas le statut d’intermittent où l’on ne sait jamais de quoi demain sera fait. Mon ami, lui, est un passionné de bande dessinée, et là encore les débouchés ne sont pas évidents. Après la prépa, il a donc intégré la section architecture de l’Epsaa* et continue maintenant en master 2 à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris La Villette. À terme, il espère rejoindre un cabinet d’architecte.
*Ecole Professionnelle Supérieure d’Arts Graphiques et d’Architecture de la Ville de Paris
Article mis en ligne sur Kelformation.fr par Magali Morel
Fiche formation initiale Licence