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Informatique : les développeurs font monter les enchères

Nom de code : développeur Java J2EE DOTNET. Mission : concevoir les applications informatiques de demain. Rémunération : entre 30 et 60 K¤ par an, selon l’expérience. Mais également selon la disponibilité… Avec l’avènement du Web 2.0, les métiers de l’Internet connaissent un nouveau boom. Chez les développeurs, le nombre de postes à pourvoir est très nettement supérieur au nombre de candidats. De quoi se payer le luxe de choisir son employeur.

Une filière sans chômage

Ça y est, l’éclatement de la bulle Internet fait partie du passé ! Aujourd’hui, les développeurs sont plus courtisés que jamais. L’utilisation massive de technologies récentes - comme Java J2EE, Microsoft.net, PHP ou Ajax – a favorisé l’embauche de dizaines de milliers d’ingénieurs et de techniciens ces dernières années. « Par rapport à janvier 2005, nous avons 40 % d’offres en plus pour les postes de développeurs » , indique Sandra Guicheman, du cabinet de recrutement Computer Futures. « Les spécialistes des langages J2EE, .net, et dans une moindre mesure PHP, n’ont aucun problème à trouver un emploi. Après les consultants SAP, ce sont les professionnels les plus recherchés sur le marché de l’emploi » , ajoute-t-elle. Dans le secteur des logiciels et des services informatiques, leur taux de chômage ne dépasse pas 2 %, soit 4 fois moins que la moyenne nationale. Et ce n’est pas près de s’arrêter… Selon une récente étude de la Dares, le marché créera plus de 200 000 postes de développeurs supplémentaires dans les 10 ans à venir. D’où l’importance de multiplier les formations adaptées, très insuffisantes à l’heure actuelle.

Du code mais pas seulement

« Pisseurs de codes », « binoclards isolés »… Les stéréotypes sur les développeurs n’aident pas à susciter des vocations. La réalité du métier est-elle aussi caricaturale ? « Non, le binoclard coincé c’était il y a 10 ans » , assure Guillaume, développeur PHP chez un éditeur de sites Web. « C’est sûr que les lignes de code restent la base du métier. Mais un bon développeur doit voir plus loin que son écran d’ordinateur. Référencement, intégration, rédaction, ergonomie, gestion de projet… En 5 ans, j’ai acquis des compétences dans de nombreux métiers du Net » . Niveau évolution de carrière, deux grandes voies s’offrent aujourd’hui aux développeurs : l’expertise technique (via les certifications), ou le management. Et l’avancement peut aller très vite… Dans certaines SSII, il n’est plus étonnant qu’un « quasi-junior » se retrouve propulsé à la tête d’une équipe-projet. « Le trio gagnant consiste à cumuler des compétences techniques dans le développement pur, des compétences fonctionnelles dans un métier particulier, et des compétences dans la gestion de projets de A à Z. Avec une telle expertise, les rémunérations s’envolent au-delà de 50K¤ » , affirme Sandrine Guicheman.

Bien choisir son employeur

Pénurie de main-d’oeuvre oblige, le marché du recrutement des développeurs « tend à devenir un marché de mercenaires » , selon la consultante de Computer Futures. « Beaucoup de développeurs viennent me voir avec 3 contrats signés pour me demander de leur en trouver un autre à 3 K¤ de plus » , précise-t-elle. Que vous vous sentiez l’âme d’un mercenaire ou que vous ayez simplement envie de changer d’air, rappelez-vous que l’argent ne fait pas tout. Pour éviter les mauvaises surprises, prenez le temps de toujours vérifier les éléments suivants :

- Date de création de l’entreprise
- Taux de croissance
- Projets réalisés / en cours
- Effectifs
- Taux de turnover
- Équilibre financier
- Historique dans la presse

N’hésitez pas à demander une fiche de poste détaillée, à prendre contact avec vos futurs collègues, et à fouiner sur Viadeo et Linkedin pour trouver des informateurs. Objectif : en savoir plus sur vos fonctions, vos perspectives d’évolution, les projets à venir et la gestion des ressources humaines au sein de l’entreprise. N’oubliez pas que la concurrence est féroce dans l’univers des SSII. Les plus petites structures n’ont pas la force commerciale pour avoir les meilleurs projets du marché.

La parole à Marc Brillault, développeur PHP chez Opodo

« J’ai commencé à apprendre le Web en 2000, après avoir raté mon bac. Mes premiers pas, je les ai faits comme intégrateur HTML dans une petite agence qui m’a embauché en alternance puis en CDI. Malheureusement, elle a dû fermer lorsqu’elle a perdu son plus gros client, Wanadoo. En 2003 – 2004, j’ai donc connu le chômage pendant un an. Depuis que le marché de l’emploi s’est rétabli, j’ai enchaîné 3 CDI chez MyPixMania, Studyrama et maintenant Opodo. La mobilité fait partie du métier, les développeurs ne restent pas forcément 20 ans dans la même entreprise. Cela permet de découvrir de nouveaux projets, de nouvelles équipes, de nouvelles manières de travailler… Chez Opodo, mon travail consiste à améliorer les sites existants et à en créer des nouveaux, tout en optimisant leur classement dans les moteurs de recherche. Avec le PHP, j’ai un langage complet à ma disposition pour y parvenir. Ce métier s’est imposé à moi, c’est une passion. D’ailleurs j’estime que la meilleure formation possible est d’avoir son site personnel et d’y consacrer du temps, d’avoir à le faire vivre, à le rendre populaire, à réparer les bogues… ».

Article publié sur Keljob.fr par Benjamin Métral