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Indemnisation de stage : y voir plus clair
En tant que stagiaire, vous ne serez pas « rémunéré », mais « indemnisé », ou encore « gratifié »… si l’entreprise le veut bien. Certaines ne donnent rien du tout, d’autres versent des primes, ou des avantages en nature. Depuis peu, la loi assure cependant une indemnisation pour les stages obligatoires de plus de trois mois. Si votre compte en banque n’est pas très garni, préférez donc une expérience rémunérée. Car un stage peut s’avérer coûteux pour un budget étudiant.
Ce que dit la loi
Seul le stage obligatoire de plus de trois mois doit obligatoirement être indemnisé. L’indemnisation est dans ce cas fixée à 30% du SMIC , soit 379,18 euros par mois. Ce seuil implique que vous n’avez pas le statut de salarié, et permet à l’entreprise de ne pas payer de cotisations sociales, patronales et salariales. Dans tous les cas, le montant de la rémunération et les modalités de son versement doivent obligatoirement figurer dans votre convention de stage. Vous devrez par ailleurs déclarer vos revenus aux impôts si le stage est facultatif ou effectué dans une entreprise qui n’est pas française.
30% du SMIC, pas de quoi sauter au plafond, mais c’est un premier pas. Depuis quelques années, le Collectif génération-précaire milite pour un salaire minimum à 50% du SMIC pour les stages de moins de 3 mois, et un salaire à 80% du SMIC pour les stages de plus de trois mois. Ne désespérez pas de voir le statut de stagiaire évoluer.
N’hésitez pas à négocier
Si la durée de votre stage est inférieure à trois mois, sachez qu’aucun texte juridique n’oblige l’entreprise à vous verser quelque gratification que ce soit. « Et dire que je fais tout ça pour pas un rond ! » Voilà ce qui vous viendra à l’esprit, quand vous réaliserez que vous ne touchez rien pour un travail similaire à celui d’un salarié, mais qu’en plus cela vous coûte de l’argent. Dès lors, il ne faut pas avoir peur de négocier. Qui ne tente rien n’a rien ! Dès le début du stage, faites part à votre supérieur des frais que vous engagez pour venir travailler chaque jour : hébergement, tickets de bus ou essence, tickets de stationnement, frais de téléphone portable, déjeuners, etc. Il n’est pas impossible que vous obteniez quelque chose. « Quand j’ai commencé mon stage, j’ai vu que j’avais des dépenses difficiles à supporter pour une étudiante, surtout pour manger. J’en ai parlé à mon tuteur, et la direction m’a accordé des tickets restaurant. C’est mieux que rien ! » , témoigne Catherine, étudiante en journalisme. Toutes les entreprises n’accepteront pas de vous donner quelque chose, mais parfois, de « petits gestes » viendront témoigner de la reconnaissance qu’inspire votre travail. C’est ce qu’a vécu Catherine au cours d’un autre stage : « la rédaction qui m’a accueillie ne pouvait me verser aucune indemnisation. Mais les journalistes m’offraient régulièrement des places pour des concerts ou des spectacles. Ça ne remplace pas un salaire, mais ça fait plaisir » . De quoi vous redonner du c½ur à l’ouvrage !
Quoi qu’il en soit, même si vous n’obtenez absolument rien, ne perdez pas de vue que c’est pour vous que vous travaillez. L’absence d’indemnisation ne vous empêche pas de vous enrichir… en compétences et savoir-faire.
1- Loi n°2006-396 du 31 mars 2006 et décret n°2006-1093 du 29 août 2006.
2- www.generation-precaire.org
Article publié sur Kelstage.fr par Priscilla Franken
Travail, famille, loisir : à la recherche de l’équilibre