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Fragments de guerre pour collectionneurs.

Adolescent, Frédéric Rançon collectionnait déjà des objets de la Seconde Guerre mondiale. Avec le temps, cette collection s’est enrichie, au point où l’Abbevillois a décidé de se lancer dans le commerce d’articles militaires des années 1939 à 1945, en ouvrant Des plages normandes à la Baie de Somme.

Des plages normandes à la Baie de Somme est un commerce spécialisé dans les objets militaires de la Seconde Guerre mondiale : uniformes, casques, bottes, gamelles, sacs. Bref, on y trouve tout ce qui servait aux soldats durant leurs campagnes. Tout est d’origine, certains équipements sont même « neufs » :« On a retrouvé des uniformes américains et anglais qui n’avaient jamais été utilisés et qui étaient encore dans leur emballage d’origine », indique le propriétaire Frédéric Rançon.

Collectionneur depuis l’âge de douze ans, M. Rançon n’a jamais cessé d’accumuler des objets. Lorsqu’il a ouvert son commerce en juin dernier, il a mis en vente une partie de sa vaste collection : « J’ai des objets en double et d’autres qui m’intéressent moins ». La difficulté lorsque quelqu’un commence, c’est de se bâtir un fonds de commerce : « beaucoup de collègues me disent qu’ils ont eu des problèmes à trouver le matériel de base pour se lancer dans la vente de ce genre de matériel ». Mais depuis trois mois qu’il est en activité, les affaires s’annoncent prometteuses : « Je n’ai pas encore beaucoup de chemin de parcouru, mais les clients se font de plus en plus nombreux ». C’est en fouillant dans les greniers, en scrutant les petites annonces et en se baladant dans les marchés aux puces que Frédéric Rançon trouve les objets qu’il vend.

Des plages normandes à la Baie de Somme peut paraître une raison sociale un peu étrange, mais les clients sont principalement des collectionneurs privés. Le nom du commerce leur indique d’où provient la marchandise.

Le commerce n’a pas pignon sur rue : « je vends sur Internet et sur les salons. Je participe à plusieurs salons par mois, c’est là que les gens peuvent venir voir la marchandise. Ou sinon, je place des photos de mes articles sur des sites spécialisés de matériel militaire. » Les objets proviennent de toutes les armées impliquées dans le conflit : américaine, anglaise, canadienne, allemande, française. M. Rançon ne vend pas d’armes : « Cela exige une formation spéciale et des agréments que je n’ai pas ».

Frédéric Rançon exerce comme commerçant à temps partiel seulement. La semaine, il est chauffeur routier. Ce qui l’intéresse vraiment dans cette activité parallèle, c’est d’entretenir sa passion. Il a toujours su qu’il ne pourrait en vivre. Mais qu’importe, son commerce sert davantage à découvrir et embellir sa collection, qu’à payer son loyer. En somme, c’est un hobby rentable.

Légende Les collectionneurs d’objets de la Seconde Guerre mondiale connaissent bien le commerce de Frédéric Rançon.