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Formation continue en langues
Les effets de la mondialisation et le succès d’Internet ont profondément impacté la formation professionnelle en langues ces dix dernières années. Les formations académiques ont perdu leur monopole au profit d’une plus grande diversité des méthodes d’apprentissage, incluant l’arrivée de l’e-learning et la montée en puissance des besoins professionnels. Certes, l’anglais représente toujours plus de 80% du marché mais d’autres langues commencent aussi à faire parler d’elles : espagnol, italien, allemand mais aussi russe, arabe ou chinois…
1- Le nouveau visage de la formation professionnelle en langues
Recrudescence des besoins
« Il y a 20 ans, les demandes concernaient principalement les commerciaux. Aujourd’hui, 90% des collaborateurs d’une entreprise, de niveau post bac, ont besoin de parler anglais. » affirme Jean-Michel Dubedout, président de Telelangue.
D’après le dernier baromètre GARF – FFP, les formations continues en langues représentent ainsi la majorité des demandes en formation DIF en 2006 (35%), devant l’informatique et les formations métiers.
« De l’Assemblée nationale, aux PME en passant par les groupes du CAC 40, nos clients se sont diversifiés avec les années », confirme Jean-Michel Dubedout.
Compétences professionnelles à l’honneur
Aujourd’hui, la plupart des demandes en langues sont ciblées sur un besoin professionnel précis : savoir mener une conférence téléphonique, pouvoir animer une réunion, savoir négocier,…
« Le critère n’est plus de savoir lire Shakespeare dans le texte, explique Michael Hiscock, chargé de mission langues à l’institut CNED de Poitiers. Les besoins se concentrent sur des compétences et des contextes spécifiques : tourisme, secrétariat, droit,… »
Réduction des temps de formation
D’après l’organisme Telelangue, la durée d’un stage aurait diminué de près de 40% ces 10 dernières années et serait passée d’environ 60h à 40h. Les causes sont multiples : encombrement des emplois du temps, besoin de réactivité, arrivée du DIF,...
Un challenge de plus pour les organismes de formation, le temps d’apprentissage d’une langue étant estimé à plus de 500 heures…
2- Les méthodes d’apprentissage font peau neuve
L’arrivée du « blended learning »
L’e-learning n’a pas remplacé les anciennes méthodes mais les a complétées. Ainsi, le « blended learning », formation mixte alliant différents types de vecteurs pédagogiques, est devenu la norme. Présentiel, support papier, conférence virtuelle, QCM électronique, entretien téléphonique, enregistrement vocal,… : chaque méthode a sa place et diverses combinaisons sont expérimentées.
Les supports à lire sont généralement dédiés à la phase de mémorisation qui demande de la concentration. En revanche, la phase de restitution requiert l’intervention d’une autre personne, que ce soit par téléphone, cours présentiel ou conférence virtuelle. « Apprendre une langue c’est échanger, souligne Jean-Michel Dubedout, ne pas avoir d’interlocuteur, c’est comme apprendre à nager sans eau… »
La clé de la motivation
Les organismes de formation courent tous après la solution miracle de la motivation, élément essentiel dans la réussite de l’apprentissage.
Là encore, l’approche scolaire classique est revisitée : les traditionnels lexiques et cours de grammaire font partie du passé. Les supports ludiques, la découverte de la culture, l’utilisation de l’actualité,… sont à l’honneur. L’objectif est clair : transmettre le plaisir d’apprendre et rompre la peur de communiquer.
Faire du sur mesure
Autre cheval de bataille des écoles de langues : la flexibilité et la personnalisation. Horaires à la carte, choix des professeurs, contenus dédiés aux besoins de chacun,… l’heure est à la souplesse.
3- Les Français et les langues
Les français : de mauvais élèves en langues ?
Cessons de rougir ! Certes nous n’avons pas l’aisance en anglais des scandinaves mais nous sommes globalement meilleurs que les espagnols et les italiens. Quant au niveau de nos voisins britanniques en français, il est sans comparaison avec le nôtre dans leur langue…
Le niveau global des français a clairement monté depuis 15 ans. Nous avons gardé le mythe de notre médiocrité mais, en réalité, nous mettons la barre beaucoup plus haut que nos voisins.
Hervé Braneyre, responsable du département des langues de l’institut du CNED de Poitiers, va même plus loin : « Avec le nouveau dispositif instaurant l’apprentissage de l’anglais dès l’école primaire, les prochaines générations auront rattrapé le niveau des Finlandais ou des Hollandais d’ici quelques années. »
Quelles langues ?
L’anglais représente toujours 80% des besoins. Dans les 20% restants, figurent principalement l’espagnol, l’allemand et l’italien. Les français cherchent, de plus en plus, à maîtriser d’autres langues : l’anglais étant un prérequis, le trilinguisme devient un atout pour se démarquer.
Le CNED souligne la progression des demandes en japonais, russe, arabe et surtout chinois, de plus en plus plébiscité. Cependant, le chinois représenterait toujours moins de 5% des formations, certes les demandes sont en croissance mais bien peu iraient jusqu’au bout de leur rêve…
Article mis en ligne sur Kelformation.fr
Formation initiale : Le doctorat