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Électronique - mécanique : les techniciens ont la côte
« Éprouvants », « peu valorisants », « voués à disparaître »… Les métiers techniques n’ont pas une image très glamour, et ce malgré les nombreux efforts de communication consentis par les acteurs du secteur ces dernières années. Pour les bac +2, ces professions offrent pourtant des perspectives d’emploi très concrètes, dans la mécanique et l’électronique en particulier. Techniciens qualifiés, votre savoir-faire vaut de l’or.
Une pénurie de techniciens qualifiés
Face à la concurrence mondiale, les grandes industries françaises (automobile, aéronautique, télécommunications…) jouent leur avenir avec des produits à forte technicité et à haute valeur ajoutée. Résultat : elles embauchent de moins en moins d’ouvriers, et de plus en plus de techniciens. Le mot pénurie est souvent utilisé à tort et à travers, mais il correspond bien à la réalité à laquelle les spécialistes du recrutement technique sont confrontés. « Nous sommes obligés de refuser certaines commandes faute de candidats » , explique Julien Weyrich, de l’agence d’intérim Page Personnel Ingénieurs et Techniciens, à Neuilly-sur-Seine. « Il y a 5 ans, nous avions encore 2 à 3 techniciens à présenter sur chaque poste, aujourd’hui nous n’en avons pas toujours un » , constate-t-il. Pour accéder à des postes mieux payés et mieux considérés, beaucoup de candidats intègrent désormais une école d’ingénieur (bac+5), au lieu d’arrêter leurs études au niveau bac +2. Et avec le départ en retraite de centaines de milliers de professionnels dans les 5 ans à venir, la pénurie de techniciens qualifiés va encore s’amplifier.
Les spécialités en vogue
Dans la mécanique comme dans l’électronique, les embauches de techniciens vont demeurer importantes à court et à moyen terme. La mécanique touche de nombreux départements au sein de l’entreprise, et l’électronique est utilisée dans une grande variété de sociétés (fabricants de téléphones, de trains à grande vitesse…). Les spécialités suivantes sont les plus cotées :
Maintenance (mécanique). Les titulaires d’un BTS industriel sont les plus recherchés sur le marché. Ils doivent être capables d’entretenir et de réparer les machines sur un site de production.
Essais, contrôle qualité et métrologie (électronique et mécanique). Ces techniciens effectuent des contrôles à tous les niveaux de la production avant la distribution : mise en place des bancs d’essais, réalisation des tests, mesure de pièces (métrologie), rédaction des comptes rendus. Dans l’électronique, les besoins portent principalement sur cette spécialité. Diplôme de référence : le DUT mesures physiques.
Méthodes et bureau d’études (mécanique). Pour améliorer leurs procédés et leurs produits, les entreprises embauchent des techniciens capables de concevoir des gammes d’outillages. Une formation de niveau bac +2/+3 en productique ou en génie mécanique est requise.
Les conditions d’embauche et les perspectives d’évolution
Les jeunes diplômés ont leur carte à jouer. Le salaire d’embauche d’un junior oscille entre 20 et 26 K¤ annuels selon le diplôme, le secteur d’activité et la taille de l’entreprise. À partir de 3 à 4 ans d’expérience, un technicien qualifié peut toucher entre 26 et 34 K¤ par an. « Les négociations se font principalement sur le salaire et sur la façon dont sont rémunérées les heures supplémentaires car très peu d’entreprises accordent des avantages en nature. Aujourd’hui, on voit des techniciens changer d’employeur pour 50 euros de plus à la fin du mois » , indique Julien Weyrich de Page Personnel. Deux possibilités d’évolution de carrière sont envisageables. Une évolution « horizontale » consiste à élargir son savoir-faire en passant d’un département de l’entreprise à un autre. Une évolution « verticale » revient à endosser davantage de responsabilités techniques et managériales en passant cadre. Avec les départs en retraites, il va y avoir beaucoup d’opportunités de ce côté là dans les années à venir. Mais cela implique de continuer à se former pour faire monter son niveau BTS vers un niveau ingénieur. Dans les faits, il faut en moyenne 10 ans à un agent de maîtrise pour accéder au statut cadre.
La parole à Christophe, technicien en mécanique chez BRP France
À Aix-en-Provence, Christophe Kuhnl travaille comme représentant des services techniques chez BRP France, le distributeur français des quads, des jets et des bateaux à turbines de la société canadienne Bombardier Recreational Products. « Le c½ur de mon activité est le dépannage des machines, au téléphone ou directement chez les concessionnaires » , explique l’ex-champion de France de quad. « Je consacre aussi une bonne partie de mon temps à régler les éventuels problèmes de garantie. Et plusieurs fois par an, je me rends au Canada pour suivre des formations techniques sur nos nouveaux produits, formations que je dispense ensuite aux mécaniciens des points de vente de toute la moitié est du pays » . Depuis 7 ans, le quotidien de Christophe est loin de se limiter aux portes de son atelier. « C’est un métier assez diversifié que je peux être amené à exercer dans une trentaine de pays, vu l’implantation de mon entreprise. J’aimerais d’ailleurs faire de plus en plus de formation technique, pourquoi pas dans un pays anglophone ou au Québec » , conclue-t-il. Bonne chance Christophe !
Article publié sur Keljob.fr par Benjamin Métral
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