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Devenir ingénieur
Des défis stimulants, des employeurs « high tech », des salaires alléchants, de nombreuses opportunités d’évolution… En 2008, la profession d’ingénieur fait encore rêver les amateurs de casse-têtes techniques. Vous en faites partie ? Sachez que les voies d’accès à ce métier n’ont jamais été aussi nombreuses.
La voie classique : la prépa, le concours, l’école d’ingénieur
Un ingénieur est un professionnel qui, par ses connaissances scientifiques et techniques, est capable de diriger des travaux industriels (production, recherche, développement, management…). En France, les ingénieurs suivent une formation de 5 ans après le baccalauréat. Ils acquièrent ainsi une solide culture scientifique multidisciplinaire.
La prépa et le concours. Près de la moitié des étudiants reçus en école d’ingénieur (46 %) sont passés par une prépa scientifique pour préparer en 2 à 3 ans le concours d’entrée. Les 35 heures de cours hebdomadaires de cette « terminale ++ » sont dispensées à des élèves rigoureusement sélectionnés sur dossier. Les matières diffèrent selon la dominante choisie : mathématique, physique – chimie, biologie… Lors du concours écrit, c’est sur le programme de la prépa que sont évalués les candidats. Une seule épreuve écrite peut donner accès à plusieurs écoles d’ingénieurs. Une épreuve orale est généralement organisée par la suite.
Les écoles d’ingénieur. Dans l’hexagone, il existe 250 établissements habilités à délivrer un diplôme d’ingénieur certifié par la Commission des titres d’ingénieur (CTI). On distingue les écoles généralistes (Centrale, Mines, Télécoms, Polytechnique…), plutôt axées sur les carrières en management, et les écoles spécialisées (réseau des INSA, des ENI…), davantage orientées vers la production. Les premières recrutent le plus souvent à niveau bac +2, en sortie de prépa. Les secondes proposent fréquemment un cursus post-bac en 5 ans, avec « prépa intégrée ».
Les autres voies : admission parallèle et université
De plus en plus d’ingénieurs accèdent à la profession sans passer par la prépa. Depuis 20 ans, les grandes écoles ont ouvert leurs portes aux titulaires du niveau bac +2, et les formations universitaires – certifiées ou pas – se sont multipliées comme des petits pains.
L’admission parallèle. Pour colorer leurs promotions, les écoles d’ingénieurs ont mis en place des concours d’admission parallèle destinés aux bac +2 et plus. Aujourd’hui, un quart de leurs étudiants est titulaire d’un diplôme scientifique ou technique obtenu préalablement : BTS – DUT (13 %), 2ème année de licence (5 %), licence validée ou 1ère année de master (5 %). Selon leur niveau d’études, les candidats peuvent entrer en 1ère ou en 2ème année d’école d’ingénieur. Chaque établissement fixe ses propres quotas d’admissions parallèles. Là encore, les concours écrits précèdent les oraux en face-à-face.
L’université. Elle permet de devenir ingénieur de deux façons. Certaines formations universitaires recrutent directement après le bac et délivrent en 5 ans un diplôme d’ingénieur certifié par la CTI. Elles sont assez généralistes et ne proposent des spécialisations qu’en cours de formation. On peut par exemple citer l’UTC de Compiègne ou le CUST de Clermont-Ferrand. Les universités proposent d’autre part de plus en plus de masters professionnels en ingénierie. Ces formations plus ou moins sélectives sont accessibles avec une licence. On retrouve un grand nombre de spécialités : ingénierie du logiciel libre, des systèmes industriels complexes, du bâtiment… Ces masters ne sont pas certifiés par la CTI, mais ils sont de plus en plus appréciés par les employeurs.
Les 3 conseils d’Arielle Girot de l’ONISEP
Ne vous autocensurez pas ! Les écoles d’ingénieurs ne sont pas inaccessibles. La très grande majorité des élèves issus des prépas scientifiques parviennent à intégrer un établissement reconnu. Dans les universités, les plus gros taux d’échec ne se situent pas dans les filières scientifiques, loin de là. Ne vous fermez aucune porte lorsque vous étudiez les modes d’accès à la profession d’ingénieur.
Renseignez-vous sur les différentes facettes du métier. Les lycéens et les étudiants ont souvent du mal à se représenter concrètement le travail d’un ingénieur, particulièrement dans les classes prépas où les élèves sont très attachés aux concepts théoriques. Pour éviter les mauvaises surprises, allez-y au culot et contactez les fédérations professionnelles et les écoles. Questionnez les élèves qui ont déjà fait des stages. Participez également aux forums d’information sur le métier, et consultez les ouvrages et les sites spécialisés. Dites-vous bien qu’il y a forcément un ingénieur tout près de chez vous, dans votre famille, votre voisinage, parmi les amis de vos amis…
Ne sacrifiez pas les matières littéraires… notamment le français et les langues vivantes. Le métier d’ingénieur implique de savoir rédiger des rapports clairs et synthétiques avec un vocabulaire riche. Beaucoup d’entreprises rencontrent des problèmes avec des jeunes ingénieurs qui ont des problèmes d’orthographe. La maîtrise d’une langue étrangère – voire deux - est de plus en plus capitale. D’une part parce que de nombreuses écoles proposent d’effectuer une partie du cursus à l’étranger. Mais surtout parce qu’une fois ingénieur, vous devrez être capable de comprendre des interlocuteurs et des documentations techniques en anglais.
« Il est possible de devenir ingénieur sans passer par une école ! », Sébastien Brunel, ingénieur aéronautique
À 30 ans, Sébastien Brunel est ingénieur structure chez Assystem Canada, la division aéronautique du groupe français d’ingénierie et de conseil en innovation Assystem. Depuis un an, il est en mission à l’agence spatiale canadienne près de Montréal. Retour sur ses années de formation.
Pourquoi avez-vous décidé de devenir ingénieur ?
C’est venu un peu par hasard… Tant que les études marchaient, je continuais sans trop me poser de questions. J’ai obtenu 15 de moyenne au bac technologique, alors pour moi devenir ingénieur c’était le summum du travail technique. À l’époque, je n’avais pas une idée très claire sur le métier. Je savais seulement que cela consistait à concevoir des choses, à inventer. Cela me suffisait !
Quelle formation avez-vous suivi après le bac ?
Une prépa physique et chimie pour le défi, car très peu de classes préparatoires étaient ouvertes aux bacs techno. À l’issue de ces trois ans, j’ai pris un journal et j’ai vu que pour une offre d’emploi dans la chimie, il y en avait 50 dans le génie mécanique. J’ai donc intégré une deuxième année d’IUP Mécanique et matériaux. Cette formation m’a donné l’occasion d’effectuer mes premiers stages dans l’aéronautique, à Toulouse puis à Québec. J’ai découvert les logiciels de simulation numérique, ça a déterminé toute ma carrière. Pour obtenir le niveau bac +5, et donc un salaire plus intéressant, j’ai complété cette formation avec un DESS Simulation numérique en aéronautique, à Toulouse.
Avec le recul, pensez-vous avoir fait les bons choix ?
En fin de troisième, je n’aurais pas dû écouter le conseiller qui m’a orienté vers le bac techno uniquement parce que j’aimais les cours de techno ! J’aurais plutôt dû intégrer la filière scientifique pour m’ouvrir davantage de portes. Ainsi, j’aurais pu aller dans une prépa qui débouche sur tous les concours, et pas simplement sur une école de chimie. J’ai été mal aiguillé mais je m’en suis bien sorti. Comme quoi, il est tout à fait possible de devenir ingénieur avec un bac techno et sans passer par une école d’ingénieur reconnue…
Article publié sur Kelformation.fr par Benjamin Métral
La formation professionnelle dans la santé et l’action sociale