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Comment les forges de Trie-Château se sont forgé une rentabilité

Avec un nouvel atelier de production qui vient tout juste d’ouvrir ses portes, les forges de Trie-Château restent fidèles à la philosophie de l’investissement. Claude Le Dret, directeur, nous a fait part du secret de cette entreprise à la stratégie d’acier.

Les forges de Trie-Château sont une entreprise familiale créée il y a tout juste 40 ans, par Pierre Schmitter. Ce fils de forgeron, parti de rien, avait ainsi érigé la dernière forge indépendante française. Son fils, Philippe, devint par la suite président du directoire. Formé sur le terrain, il s’est investi dans l’entreprise depuis l’âge de 18 ans. Quant à Claude Le Dret, actuel directeur de la société, il détient un BTS de forge, mais surtout plus de vingt ans d’expérience au service de l’entreprise.

Au sein des forges de Trie-Château, sont conçus pièces et ensembles mécaniques destinés à tout type de secteurs. Seules l’automobile et l’aéronautique ne sont pas concernées. « L’automobile est, par exemple, assez malmenée. On a fait le choix de la diversification, martèle Claude Le Dret. Nous avons 180 clients réguliers, le plus important ne dépassant pas 12% du chiffre d’affaires ». L’exportation représente une grande partie des ventes, orientée principalement vers les pays européens limitrophes. Plusieurs postes spécialisés existent au sein de la forge, qui intègre ses propres systèmes de DAO (dessin assisté par ordinateur) et de traitement thermique.

L’entreprise affiche aujourd’hui une santé de fer et investit goulûment. Comme le démontre Claude Le Dret, c’est en forgeant que l’on devient forgeron…

Pouvez-vous nous parler de ce nouvel investissement ?

« Nous ouvrons un nouveau site à Dangu, sur la frontière entre l’Oise et l’Eure. Jusqu’alors, nous produisions des pièces en petite et moyenne séries de 1 à 200 kilos, ce qui est déjà peu courant dans la profession. Désormais nous pouvons produire des pièces allant jusqu’à 600 ou 700 kilos. C’est unique : les forges de Trie-Château emploient 120 à 125 personnes seulement. En outre, notre nouvelle unité permet la création de 35 postes et, nous l’espérons, l’amélioration de nos résultats. »

Quelle est, justement, l’évolution des résultats de l’entreprise depuis sa création ?

« La progression a été constante. Nous attendons pour juin 2007 un chiffre d’affaires de 22 à 23 millions d’euros, soit 8% de plus par rapport à l’an passé. Le chiffre d’affaires a doublé en 5 ans. Des investissements substantiels sont faits tous les 10 ans. Celui que nous entreprenons représente 6 millions d’euros, ce qui est remarquable pour une forge de notre taille. Nous assurons un bon développement pour l’avenir. »

Quel est votre rapport à la profession ?

« C’est un métier vivant, spectaculaire, dynamique. Mais difficile aussi, car sale et bruyant. Ici, nous sommes tous des gens du métier. Certaines forges sont rachetées par des financiers, lesquels connaissent des difficultés ; il est indispensable de connaître le terrain. C’est un métier traditionnel, pour lequel il faut un savoir-faire et des réflexes adaptés. »

Légende photo : Claude Le Dret, directeur des Forges de Trie-Château : « Régulièrement, on investit pour le développement de l’entreprise ». Un nouvel atelier vient tout juste d’être inauguré.