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Camille P : le bonheur des dames est à Tergnier

En 1998, Sandrine Poteau fait un pari fou : ouvrir une boutique de prêt-à-porter haut de gamme pour femmes dans une ville ouvrière. Nommée Camille P, en hommage à la fille unique de la propriétaire, la boutique de Tergnier suscite le scepticisme auprès des habitants les plus conservateurs, qui doutent de la réussite de l’entreprise. Mais cette commerçante qui, depuis son adolescence, travaille dans la vente de vêtements, a foi en son projet. Neuf ans plus tard, Camille P est toujours d’actualité et attire des clients de toute la région et même de Paris.

Comment vous êtes-vous lancée dans le prêt-à-porter ?

« J’ai débuté très jeune, à l’âge de 14 ans. À l’époque, je travaillais dans une boutique de vêtements haut de gamme pour enfants. J’étais très motivée, et mes employeurs l’ont remarqué. Malgré mon jeune âge, ils m’ont confié des responsabilités très tôt. C’est là que j’ai été mordue par la passion du commerce. Par la suite, j’ai travaillé pour ma s½ur jusqu’à la naissance de mes enfants. Lorsque mes fils et ma fille furent en âge de se débrouiller tout seuls, je me suis mise à mon compte. »

Pourquoi avoir choisi d’ouvrir une boutique de prêt-à-porter haut de gamme à Tergnier ?

« Dans notre région, il n’y avait rien de comparable. Comme je connaissais beaucoup de monde, je savais qu’il y avait une demande de la part de femmes qui désiraient se procurer des vêtements haut de gamme sans avoir à parcourir des kilomètres. »

Comment expliquez-vous le succès qu’a rencontré Camille P ?

« Je suis passionnée par ce que je fais et je crois que mes clientes le ressentent. J’aime offrir des conseils personnalisés à mes clientes dans leurs choix vestimentaires. Mon objectif est de leur offrir un service cinq étoiles. Si quelqu’un souhaite que j’ouvre la boutique le lundi, je le fais sans hésiter. Je suis à leur service. Au-delà des vêtements, mes clientes apprécient l’ambiance familiale qui règne dans ma boutique et qui se démarque de ce que l’on peut retrouver dans les grandes villes. Je tiens énormément à cet aspect, car il joue un rôle important dans la fidélisation de ma clientèle. Exploiter les valeurs du commerce traditionnel, c’est le meilleur moyen de lutter contre la tendance à l’achat par Internet. »

À vos débuts, comment avez-vous fait connaître votre enseigne ?

« Pendant trois ans, j’ai fait énormément de défilés de mode. J’ai notamment habillé quelques célébrités. Je répondais à toutes les propositions pour pouvoir développer ma notoriété. Ceci étant, parce que ma boutique est hors norme, j’ai souvent été sollicitée. J’ai aussi fait un peu de publicité dans les journaux locaux, mais j’ai vite réalisé que ma clientèle n’était pas la cible de ces derniers. Ce qui m’a surtout permis de me démarquer, c’est mon originalité. »

Comment envisagez-vous l’avenir ?

« Je souhaite me diversifier. Depuis octobre 2006, j’ai agrandi ma boutique pour pouvoir créer “la maison de Camille”. Désormais, en plus des vêtements, je vends des objets de décoration ainsi que des produits de beauté occitans. Cette diversification me permet d’attirer une clientèle qui ne vient pas systématiquement acheter des vêtements. Plus tard, je souhaite répondre à la demande masculine, toujours plus pressante, en ouvrant une boutique de prêt-à-porter haut de gamme pour hommes. Mais dans l’immédiat, je cherche un vendeur pour m’aider, un vendeur qui partage ma passion. »

Légende photo : Le succès de Sandrine Poteau réside dans sa capacité à anticiper la demande