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Bruno Cardot veut remettre à l’heure les pendules agricoles
À Moy de l’Aisne, Bruno Cardot cultive la betterave et les céréales dans son exploitation agricole de 260 hectares : la Ferme de la Guinguette. Petit fils et fils d’agriculteur, il travaille conjointement avec son père, qui s’occupe de l’élevage des veaux.
Comme tous les agriculteurs de France, Bruno Cardot est tenu de respecter les normes et restrictions bruxelloises qui lui semblent parfois en contradiction avec son travail. Pour gérer ce décalage, il est constamment à la recherche de nouveaux débouchés. Aujourd’hui, il se lance dans l’aventure informatique avec Internet et dans les carburants biologiques.
Bruno est un pur produit de l’agriculture française. Tout jeune, il accompagne son père au travail et celui-ci lui transmet l’amour de la terre. Quand vient le temps de choisir ses études, Bruno sait déjà ce qu’il veut faire. « Après un bac technique, je suis parti à Reims faire un BTS agricole, puis une année de spécialisation dans le commerce agro-alimentaire à Lille. » Après une courte expérience professionnelle comme commercial dans une boulangerie industrielle, son père lui demande de revenir à Moy de l’Aisne pour l’aider à gérer la partie betterave et céréales de l’exploitation…
De retour à la ferme familiale, Bruno cherche aussitôt à développer son activité. « Je devais valoriser au mieux mes produits. J’ai donc choisi de vendre 90 % de mes récoltes à des négociants et le reste à des coopératives. Au final, c’est plus avantageux pour moi. Les marges sont tellement serrées que le moindre euro gagné par quintal est le bienvenu. »
Bruno le sait, une partie de la solution peut venir d’Internet : « Peu à peu, je commence à vendre mes produits en ligne. Mon but est évidemment de limiter le nombre d’intermédiaires. Mais la marge que je dégage ainsi, je peux aussi la perdre à cause du prix toujours croissant des transports, notamment pour les céréales. » Il reste donc vigilant, car le problème de la livraison n’est pas résolu…
Diversifier ses cultures et leurs débouchés est une autre perspective. Selon Bruno, il mieux vaut répartir les risques pour éviter les mauvaises surprises, qu’elles soient dues à la météo ou aux directives européennes. « Aujourd’hui, 18 % de mon blé et 10 % de mes betteraves sont transformés en éthanol. Lorsque je fais du gel de terre et que je cultive du colza, seul le surplus est destiné au secteur alimentaire, le reste devient du diester. »
En France, Bruno n’a que des collègues. La concurrence est, à son avis, européenne et mondiale. « Les agriculteurs français jouent tous dans la même cour, avec les mêmes billes. L’Europe fait la pluie et le beau temps et la météo joue sur l’offre et la demande. » En effet, il existe depuis peu un weather market ou « marché de la météo » qui préfigure de l’impact joué par météo sur les cours des produits agricoles mondiaux.
Quant à l’agriculture biologique, Bruno Cardot est sceptique. « L’agriculture biologique reste, pour le moment, une niche, car les consommateurs n’ont pas tous les moyens de s’offrir ces produits. Les mentalités doivent encore évoluer pour que ce marché devienne porteur. »
Légende photo : La Ferme de la Guinguette a les yeux rivés sur le monde.
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