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Bâtir pour mieux protéger et transmettre
L’entreprise en bâtiment MAS, spécialisée dans la restructuration d’ouvrages d’art anciens, a été créée il y a 16 ans à Château-Thierry par Christian Mas. Cette spécialisation n’empêche pas ce dernier, à l’occasion, d’accepter les commandes de particuliers désireux de confier leur projet à un amoureux de la vieille pierre. Depuis 40 ans, il parcourt les chantiers pour étancher sa soif de rencontres et de savoir. Cet entrepreneur aux mains d’artisan consacre son temps entre ses chantiers et l’aide à l’artisanat par l’entremise d’associations dans lesquelles il s’implique activement.
Quel âge aviez-vous lors de votre premier chantier
« J’ai commencé à l’âge de quinze ans, et six mois plus tard, on me confiait ma première équipe composée de quatre adultes de plus de quarante ans. Pendant quatre ans, j’ai dirigé cette équipe dans la préparation d’armatures destinées aux HLM. »
Vous a-t-on confié d’autres responsabilités par la suite ?
« Pas tout de suite. J’ai d’abord suivi une formation pour le coffrage et la maçonnerie. Et, à 22 ans je suis devenu chef d’équipe, puis chef de chantier à 25 ans. À 38 ans, à la suite d’un licenciement économique, j’ai créé ma première entreprise, Castel Bat, en Seine–et-Marne. Pendant toutes ces années de formation, j’ai eu la chance de côtoyer des compagnons qui m’ont enseigné l’amour du travail bien fait. »
Quand et pourquoi avez-vous créé MAS ?
« J’ai créé MAS en 1991, deux ans après la création de Castel Bat. C’était l’occasion de revenir dans le département et de travailler à son développement et à la sauvegarde de son patrimoine historique. »
Qui sont vos clients ?
« Mes clients sont tout aussi bien des particuliers que des entreprises, des administrations ou des collectivités locales. Pour ces dernières, je travaille surtout sur la restructuration d’ouvrages d’art anciens, c’est-à-dire des ponts, et la restauration du patrimoine historique. La restructuration d’un pont peut signifier sa destruction et sa reconstruction à l’identique. Cette activité est le fer de lance de mon entreprise. »
Quels sont vos liens avec le milieu associatif ?
« Je collabore étroitement avec le CEPAC*. J’ai été pendant un temps le président au niveau international, ce qui m’a permis de collaborer avec les pays de l’Est et de la Chine, où nous avons ouvert 30 centres-pilotes. Depuis sa création, le CEPAC a contribué à la naissance de 920 entreprises. Parmi celles-ci, 90 % ont dépassé les 10 ans d’existence. J’ai aussi créé, avec un formateur, le CIFARP** dans le but de mettre en place un réseau de formation pour aider les artisans à améliorer la sécurité et la qualité de leur travail. Car, si la tendance est au développement durable, il faut prendre en considération que la transmission du savoir-faire ancestral ou moderne en fait partie. »
Quel est votre objectif ?
« J’entends dire que l’artisanat est la plus grande entreprise de France, je voudrais qu’elle soit la meilleure. C’est pourquoi, actuellement, j’essaie de créer le grand Nord-Est de l’artisanat. »
* Centre de Parrainage et d’Accompagnement Continu des Créateurs d’Entreprise
**Centre Inter-régional de Formation et d’Assistance à la Réhabilitation du Patrimoine
Légende photo : L’entreprise MAS se veut protectrice du patrimoine de la région
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