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Atelier de la maison bleue, l’art fait vivre !

Depuis une trentaine d’années, les dépendances du château de Condé en Brie ne sont plus ce qu’elles étaient. Ce changement est l’œuvre de Gérard Redoulès, un artiste peintre, qui a décidé de les convertir en atelier d’art. Dans son « atelier de la maison bleue », les inspirations qui ont traversé l’artiste, n’ont pas toutes pris la direction du chevalet.

A la fin de sa formation parisienne en arts appliqués, Gérard Redoulès adopte la laque comme technique de peinture : « j’avais choisi l’option laque car c’était une façon de faire de la peinture avec des matériaux différents. La technique de laquage me permet d’enfermer des couleurs ou des matières pour les faire réapparaître sous d’autres formes inattendues. » Grâce à ses œuvres, il a la chance de faire une exposition au Grand Palais et reçoit une commande qui lui permet d’acheter son atelier dans l’Aisne. « J’ai pris mon compas, j’ai tracé un cercle de 100 km autour de Paris. Je me suis aperçu qu’il n’y avait que dans l’Aisne que je pouvais acheter un atelier. Et je ne regrette absolument pas, c’est une très belle région. »

Puis, pendant deux ans, il travaille dans un cabinet d’architecte et devient salarié pour la première et dernière fois de sa vie. En 1980, la laque le rattrape et pendant les quinze années qui vont suivre il conçoit du petit mobilier pour une entreprise haut de gamme de meubles d’intérieur. Il finit par se lasser et il revient à son premier amour : la peinture. « La laque est devenue quelque chose d’industriel, je ne voulais pas que l’on imagine que mes œuvres puissent sortir d’un atelier mécanisé. C’était surtout le désir qui avait disparu. »

Croire que le travail d’artiste peintre consiste à attendre l’inspiration et à entretenir son appétence de créer serait trompeur. Quand Gérard Redoulès n’est pas dans son atelier, il expose. « Je participe à des salons de peinture. Je fais le marché d’art contemporain comme celui de la Bastille ou le MAC 2000 (manifestation d’art contemporain) deux à trois fois par an. Je me déplace à l’étranger notamment dans les galeries suisses et hollandaises qui m’exposent. » Quand il n’est pas sur la route ou dans son atelier, il entretient sa salle d’exposition ouverte sur la rue, à Condé en Brie, toutes les fins de semaine en été.

Comme pour toutes les professions, la peinture exige une remise en question permanente afin de trouver de nouveaux débouchés. En effet, les mentalités dans l’art évoluent à la même cadence que dans d’autres secteurs. « Avant les galeries d’art suivaient les artistes, désormais elles font, de plus en plus, de la location d’espace. » Le peintre doit donc maîtriser à la fois son art et sa comptabilité car les dépenses liées à l’achat du matériel et à la location des stands dans les salons sont très élevées. « Il faut au moins une bonne exposition tous les ans juste pour pouvoir rentrer dans ses frais. » Toutefois, Gérard Redoulès se considère comme chanceux : « à 57 ans, je fais partie des 10 % de peintres qui peuvent vivre de leur passion. Je n’ai pas besoin de donner des cours d’arts pastiques ou de faire de la publicité pour vivre. »

Son art, Gerard Redoulès, le décrit comme « inhabituel et mystérieux dans sa réalisation. » A la différence de certains artistes, il n’amène jamais de sujet ou de modèle dans son atelier. « Je considère que le paysage existe partout. Dans un trou de mur, il y a l’immensité d’une falaise. Je n’invente rien, je regarde ce qu’il y a autour de moi. » Pour décrire son inspiration, l’artiste laisse la place à un autre et cite Pierre Soulages : « c’est ce que je trouve qui me dit ce que je cherche. » Dans sa quête artistique, Gerard Redoulès incite le spectateur à prendre part à son œuvre.