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Ambulance Saint-Erme en manque d’oxygène

Depuis 20 ans que monsieur Christian Leblanc est à la barre des Ambulance Saint-Erme, il a vu la profession évoluer à son détriment. Il tente de composer avec les nouveaux règlements et les acteurs du marché, mais pour combien de temps encore ?

Monsieur Christian Leblanc est sur le point de transmettre l’entreprise fondée en janvier 1987 à son fils. Il ne pensait sûrement pas, à l’époque, que la législation aurait transformé à ce point cette belle profession. « J’aime beaucoup ce métier de contacts. On est le confident des personnes, on peut même sauver des vies », nous précise-t-il avec un peu de fierté mêlée d’amertume.

Fierté pour son métier

Christian est fier d’avoir eu une clientèle fidèle : « Une personne âgée est restée 2 heures avec le col du fémur fracturé à attendre mon ambulance. Elle ne voulait partir avec aucun autre confrère ! » Il a travaillé 12 ans avec une patiente atteinte de sclérose en plaques et 16 ans avec une dame à dialyser. Les clients aujourd’hui sont moins fidèles, car ce ne sont plus les mêmes : « On travaille davantage avec les clients des villes, qui sont pressés, et moins avec les grands-mères des campagnes, plus patientes », regrette notre ambulancier.

Monsieur Leblanc est également satisfait d’avoir créé une telle entreprise qui embauche aujourd’hui 9 salariés et comprend 3 ambulances, 4 VSL (véhicules sanitaires légers), 5 taxis et 3 minibus pour transporter enfants et handicapés. A ce titre, il travaille avec les Papillons blancs depuis 16 ans.

Obligation de se diversifier

Pourquoi un tel parc ? Pour pallier la baisse de chiffre d’affaires de son activité principale. « On ne secourt plus les personnes, on fait de la “bobologie”. Le 15, le Samu et les pompiers ont pris notre place », incrimine-t-il. Les ambulances du secteur privé ne peuvent se rendre sur le lieu d’un accident ; la voirie appartenant au domaine public. « Sur la place du village, récemment, a eu lieu une collision à 100 mètres de ma cour où étaient garés 3 de mes véhicules. Il a fallu attendre les pompiers », regrette-t-il. Cette tendance se confirme : « Avant, une caserne sur trois avait une ambulance, maintenant toutes en ont une. »

Autre aberration qui le révolte : le 15. Non seulement l’organisation des gardes oblige à l’immobilisation de ses véhicules et interdit donc à M. Leblanc de transporter ses propres clients (qui partent alors à la concurrence), mais le comble est le système des indemnités qui ne couvre que les trajets avec malade transporté : « La semaine dernière, j’ai fait 45 km pour récupérer un malade à l’hôpital et le transporter chez lui à 100 m de là… », se plaint-il.

Solutions à portée de main

Monsieur Christian Leblanc est surtout très déçu que la personne ne soit plus au c½ur de l’activité et que l’on ne s’inspire pas de solutions de certains voisins très proches : l’Alsace-Lorraine ! Cette région a conservé le fonctionnement allemand où pompiers et ambulanciers travaillent en parfaite harmonie.

Légende : Monsieur Christian Leblanc souhaite vivement que la profession d’ambulancier soit réhabilitée.