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Alain, l’artisan du siège ancien
Alors qu’il travaillait chez un antiquaire, Alain Cartier se prit de passion pour les sièges. Il décida d’en faire sa spécialité et, après une formation, il ouvrit en 1995 son atelier à Bethisy Saint Pierre.
Alain a plus d’une corde à son arc. Sa principale activité est la restauration de sièges XVIIIe et XIXe siècles. L’homme ne se cantonne pas à cette passion, il fait aussi de la tapisserie d’ameublement, et il conçoit des décors et des rideaux de manière artisanale. La clientèle d’Alain se compose d’antiquaires et de particuliers, mais il ne peut pas proposer ses services aux musées. Le restaurateur ne se voit pas retourner en formation cinq ans pour obtenir l’agrément nécessaire. Pour Alain, la meilleure école c’est le terrain. Ses méthodes de travail sont complètement différentes de celles de la plupart de ses concurrents qui, selon lui, restaurent « vite et mal » : « Ils vont restaurer des sièges avec de la mousse pour aller plus vite alors que ça abîme le siège. Moi je travaille comme il y a deux cent cinquante ans, je passe du temps dessus. J’utilise de la paille, du tulle, des crins de chevaux… »
Selon Alain, ces impératifs de rentabilité font que son métier est voué à disparaître. Pour empêcher cela, Alain a tenté de former des apprentis mais il y a vite renoncé. « Ils n’étaient pas assez rigoureux. Ils veulent aller trop vite ! » Autre problème du métier de restaurateur de sièges, la diminution de la demande. Alain a une clientèle très pointue et cette catégorie est peu à peu en train de disparaître. « On vit une époque où les gens ont d’autres priorités que restaurer leurs sièges. Ils préfèrent partir en vacances ou dépenser leur argent en loisirs ! »
Légende : Alain Cartier déplore que son métier soit mis en danger à cause des impératifs de rentabilité
L’atelier d’Ange : usine ou galerie ?