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À Samara, Arnaud Dassonville est l’homo directus

Au parc de loisirs Samara de la Chaussée-Tirancourt, le divertissement est au service de la pédagogie. Situé dans la vallée de l’archéologie plus connue sous le nom de vallée de la Somme, Samara est dédié à l’initiation des jeunes et des moins jeunes aux m½urs et coutumes des hommes habitant la région il y a 600 000 ans. Cette année, pour fêter ses 20 ans d’existence, le parc s’est fixé de nouveaux objectifs. Pour les atteindre, les collectivités du département ont fait appel, il y a six mois, à Arnaud Dassonville, un directeur totalement dévoué et passionné.

Quel a été votre parcours ?

« J’ai travaillé pendant trente ans dans les ressources humaines, à différents postes et pour différentes sociétés. Et, depuis six mois, je suis directeur de Samara. Au-delà de ma carrière professionnelle, je suis engagé activement dans la vie associative et je peins à mes heures perdues. Dans mon travail, c’est important d’être en quelque sorte un homme orchestre, de pouvoir toucher à tout. »

Pourquoi tenez-vous à ce rôle d’homme orchestre ?

A Samara, il n’y a pas juste un parc des loisirs, il y a un restaurant, une boutique, un parc de plus de 6 hectares, plusieurs jardins thématiques, un pavillon d’exposition, des artisans… il faut donc des compétences variées.

Justement parlez-nous de Samara…

Le site de Samara est le premier site naturel classé en France en 1895. Au pied de Samara, il y a l’Oppidum, appelé « Le Camp de César ». Il s’agit d’un camp romain dont la date de construction est estimée entre 40 et 20 av.JC. Le site même de Samara est un ancien site archéologique dans lequel fut découvert une grande sépulture commune de 300 corps.

Ici, nous ressuscitons 600 000 ans d’histoire grâce à la reconstitution des habitats du néolithique, des tentes du paléolithique, des gestes usuels de cette époque comme la taille de silex. Tous les visiteurs participent à nos activités, nous avons une action pédagogique. Ce n’est pas uniquement un parc de loisirs, nous faisons partie d’un complément historique pour ceux qui visitent la région et les visiteurs en ressortent plus riches.

À l’aube de vos 20 ans d’existence, quels sont vos objectifs ?

En 2006, nous avons eu 62 000 visiteurs, nous voulons atteindre les 70 000 pour notre vingtième anniversaire. Aujourd’hui, 80% de nos visiteurs sont des écoliers en voyage de classe, nous souhaitons diversifier notre clientèle en nous adressant au grand public. Pour ce faire, nous travaillons sur de nouvelles activités et sur le week-end. Nous avons créé des expositions d’extérieur. En ce moment, nous accueillons une rétrospective sur le ludique et les jouets à l’époque gallo-romaine. Il y a toute une partie environnement que nous développons avec une oseraie, un parc qui comprend plus de 100 espèces d’arbres et un jardin botanique.

Nous travaillons aussi sur l’élaboration d’activités spécifiques lors des fêtes. Pour la fête des mères, nous allons mettre en place un atelier de parures et, pour la fête des pères, un atelier de frappe de monnaie. Les enfants peuvent ainsi apprendre les gestes artisanaux préhistoriques tout en repartant avec leurs créations.

Et la passion ?

Quand je vois les enfants quitter le parc avec leur sagaie sur les épaules ou les instituteurs qui développent des projets pédagogiques, je me dis que je suis dans le domaine de l’utile. Ça me met du soleil dans les yeux et dans la tête !