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À Mauregny-en-Haye, Flip Story donne une seconde jeunesse aux flippers de notre enfance.

À Mauregny-en-Haye, Flip Story fait « tilter » les mémoires.

Fils de cafetier, Jean-Pierre Daunois a été bercé par le son des verres et des billes de flipper qui s’entrechoquent. En 1975, il convainc son père de racheter une exploitation de jeux automatiques à Mauregny-en-Haye. Trente ans plus tard, Flip Story est toujours dans la même ville et Jean-Pierre Daunois est resté passionné par son métier.

Les raisons qui ont poussé Jean-Pierre Daunois à s’intéresser à cette activité n’ont pas changé en trente ans. « Dans le café de mes parents, il y avait déjà des jeux et ça m’a tout de suite intéressé. Comme je n’avais pas envie de travailler enfermé dans une usine, cet univers me semblait être un bon échappatoire. »

Au début, Jean-Pierre Daunois ne connaît rien de ce secteur et en encore moins du fonctionnement d’un flipper. « J’ai du apprendre sur le tas et vite car je m’occupais de toute la partie technique et du dépannage. » Pour lui, faire de la publicité n’a pas de grande utilité car les clients que lui a légué l’ancien propriétaire représentent un somme de travail conséquente. « Je ne m’en suis pas rendu compte au départ mais ils accaparaient beaucoup de notre temps de travail car je faisais quotidiennement du dépannage. »

Petit à petit la clientèle composée des gérants de débit de boisson diminue, Jean-Pierre Daunois doit rapidement en développer une nouvelle. « C’est un métier dont l’activité a fortement diminuée car il y a de moins en moins de bistrots et donc de moins en moins de jeux. Je me suis donc retourné vers une clientèle de particuliers. »

Au nombre de cafés qui rétrécit s’ajoute une augmentation par 4 des taxes sur les appareils ludiques. « Beaucoup d’endroits n’étaient plus rentables, ces taxes ne s’appliquant pas aux particuliers, ce marché s’est développé. Aujourd’hui les gens veulent s’équiper comme dans les cafés d’antan avec des flippers et des jeux vidéo. »

Cette nouvelle clientèle fait aussi appel à ses services pour redonner un second souffle aux vieux flippers qui traînent dans leurs garages et leurs greniers. « Je travaille avec un décorateur qui refait à neuf la carcasse des flippers. Comme nous refaisons tout de A à Z, ces flippers se retrouvent dans un plus bel état que celui d’origine. Aujourd’hui, le flipper est considéré comme un objet décoratif par nos clients autant que ludique. »

Cette clientèle représente 60 % de son chiffre d’affaire et Jean-Pierre Daunois doit s’y adapter. « Maintenant la grosse période de travail précède les fêtes de Noël. Nous préparons à l’avance du matériel pour ne pas être dépassés par les commandes. »

D’exploitant, Jean-Pierre Daunois s’est peu à peu transformé en réparateur. « Plus le flipper est en mauvais état plus je m’amuse. J’adore les remettre à neuf. Avec le temps j’ai stocké des pièces pour pouvoir réparer les flippers où je m’en procure chez des spécialistes à Paris. »

Jean-Pierre Daunois espere qu’un jour la France adopte la législation européenne sur les machines à sous. « Nous sommes le dernier pays en Europe qui fonctionne avec une société nationale qui gère tous les jeux d’argent. Pour pouvoir développer mon activité, il faudrait que je puisse investir moi aussi dans des machines à sous. »